Études et analyses

Bennabi ,40 Ans Après / Abdelatif Sifaoui

bennabiL’homme est parti, mais son œuvre est restée. Bennabi, avait vu juste, ses idées développées en son temps ont bien été la semence de celles d’aujourd’hui.

L’intérêt grandissant que suscite l’ensemble de son œuvre dans le monde entier, et dans le monde musulman en particulier, atteste non seulement de la profondeur de sa pensée, mais de surcroit témoigne plus que jamais de son actualité. 

 

Fait, paradoxalement étonnant du fait que nous vivons dans un monde qui évolue d’une manière impressionnante voir même effrayante   et  les mutations semblent  n’épargner aucun domaine.

Mais cet étonnement se dissipe d’une manière presque magique, une fois que sa pensée est enfin bien assimilée et ses écrits correctement décryptés.

Il est indéniable de constater que la force et la singularité de la pensée de Bennabi ,résident justement dans le fait qu’elle s’inscrit irrémédiablement dans le long terme ,et se préoccupe des problèmes structurels du monde musulman.

Il s’agit des problèmes de la civilisation, autrement dit il s’agit de la problématique d’une « communauté » qui ne fait plus partie des entités dites « civilisées » et qui doit œuvrer pour l’être.

Or poser le problème de la « oumma » à ce niveau là et en ces termes, exigent des musulmans ,obligent ses leaders, de repenser et reconsidérer leurs projets ,d’Islah, de renouveau, de développement, de modernisation, de renaissance … suivant les exigences de cette impérative perspective historique que doit prendre tout projet crédible de cette dimension, ayant pour mission de ré-enfanter une civilisation.

De ce fait, il apparaît évident qu’en dehors d’un tel projet, avec cette perspective historique bien définie, il ne peut s’agir que de tentatives de colmatage et de bricolage qui ne font qu’aggraver la situation du monde musulman.

Poser le problème en ces termes, exige aussi, que la question de la culture soit désormais au centre des préoccupations de « la oumma » et soit enfin réhabilitée en tant que facteur déterminant et incontournable pour tout changement de cette ampleur.

Il ne peut y avoir de développement, d’islah, de renaissance, que si et seulement si se développe et se construit  au sein de nos sociétés  la  culture qui leurs correspond.

Enfin ,poser le problème de la culture, et de là celui l’idéologie, nous ramènent à remettre le musulman, l’homme, au cœur du projet de la renaissance, d’el islah, du développement ,et non de le reléguer à un rôle de second plan, en travestissant et en réduisant le projet du « décollage » en un vaste programme « d’import,import » à l’image de ce qui se fait dans le domaine du commerce extérieur, et à l’image des fameux projets clés en main ,très en vogue, dans les années soixante dix .

 

L’espoir reste grand, qu’enfin le monde musulman parvienne à mieux comprendre l’œuvre de Bennabi et surtout de s’en inspirer pour mettre fin à la débâcle de nos velléités répétées de décollage.

Aujourd’hui et 40 ans après la disparition de l’enfant prodige de l’Algérie, le penseur Malek Bennabi, c’est avec un grand soulagement que nous avons suivi le travaux du  séminaire intitulé  » L’idée chez Malek Bennabi »  tenu les 25/26 octobre 2013 (DAR EL IMAM)EL MOHAMADIA ALGER et organisé par le Centre de la Vision pour les Etudes Civilisationnelles.

Ce séminaire à pu démontrer par le grand succès qu’il a connu, et par le niveau très élevé des   communications présentées que les idées de Bennabi  constituent une référence solide à partir de laquelle un travail plus poussé et plus élaboré  peut être envisagé sérieusement dans le domaine des études ayant trait aux problèmes  de notre avenir et notre devenir.