Echo

Communiqué de l’Association algérienne de défense de la langue arabe: DE LA DIGNITE, MESSIEURS !

communiquéLe Premier ministre français, Mr Jean Marc Hérault est venu en Algérie, pour faire la promotion du  fonds de commerce français: la Francophonie. Ce thème a été asséné à maintes occasions par Mr Ayrault et sa délégation,  avec la proclamation, qui se veut flatteuse pour l’Algérie, qu’elle est « le deuxième pays francophone au monde ». Il a cru  adroit de reprendre à ce propos un vieux cliché francophone, en nous présentant ce fonds de commerce français, comme  « un butin de guerre algérien. ». On n’a jamais vu quelqu’un défendre avec autant de motivation le butin des autres !

Mais n’a-t-il pas été encouragé dans cette voie par l’attitude même des responsables algériens, sur cette terre libérée par le sang des martyrs. Ces dernières années,  les autorités algériennes ont continué de porter atteinte au statut constitutionnel de la langue arabe, ce qui a provoqué le recul général de son usage aussi bien dans les instances officielles et les médias, que dans la vie sociale.

« Respecte toi et les autres te respecterons ! ».  C’est l’absence de respect des autorités algériennes pour leur propre langue qui explique le peu de respect de la francophonie à son égard. C’est cette situation qui nous rend vulnérable aux manœuvres actuelles visant à utiliser la francophonie comme instrument d’influence et de domination sur le pays.

Le Premier ministre français a été accueilli en Algérie par une énorme banderole portant la mention de la rencontre  du comité mixte algéro-français écrite uniquement en caractères français. Les ministres ont dialogué uniquement en Français au cours des réunions, et la signature des accords s’est faite uniquement sur le document français, en violation de tout ce que stipule en la matière la Constitution algérienne sur le caractère officiel de la langue arabe.

C’est tout cela qui a probablement permis  que Jean Marc Ayrault en arrive au point où il a conseillé au Gouvernement algérien de « « s’appuyer sur la ministre de la Francophonie Yamina  Benguigui ( qui l’accompagnait), pour promouvoir, dit-il,  ce capital et cet héritage commun » (de la langue française). » (Journal « El Khabar du 18/12/2013). Et pas la moindre réaction des officiels algériens  à cette « directive » du Premier ministre français. Un peu de dignité, Messieurs qui nous représentez !

Ce qui  a encouragé le Premier ministre français à prendre une telle position, ce sont ces responsables algériens qui se « vantent » de ne pas connaître l’Arabe et qui s’adressent à leur propre peuple en Français. Y a-t-il un pays, un seul qui se respecte où il serait possible de nommer ainsi à de hauts postes des personnes qui ne connaissent pas la langue officielle et nationale de leur pays. Comment ne pas être attristé  lorsque la télévision nationale et certaines télé et  radios algériennes n’hésitent pas à diffuser en Français au cœur même de programmes en langue arabe.

Comment ne pas en conclure qu’il y a là une entreprise délibérée, aux plus hauts niveaux de l’Etat, de marginalisation de la langue arabe, et de porte ainsi ouverte à la domination francophone

Il y a eu dernièrement de nombreuses réactions à la « boutade » du Président de la République française contre notre pays, mais ce qu’a fait le Premier ministre français lors de sa visite est bien plus grave.

Algériennes, Algériens, indignez-vous, exprimez votre refus de cette situation. Ne laissez pas faire cette entreprise de marginalisation de la langue arabe. Défendez votre langue où que vous soyez.

 

 

Alger le  24 Décembre 2013

 

Pour le bureau de l’Association Algérienne de Défense de la Langue Arabe

 

Le Président: Othman SAADI