Études et analyses

LA PUDEUR UNE QUALITE IMMANENTE MAIS COMBATTUE ! /Cherif Amokrane /J.M13

pudeurLa pudeur est tellement universelle qu’il n’existe aucun être humain ne l’ayant jamais ressentie. Universelle au point que tous les hommes la ressentent physiologiquement de la même manière, avec les mêmes symptômes et les mêmes manifestations extérieures (comme le fait de rougir).

Pourtant, à travers l’histoire, elle n’a pas toujours fait l’unanimité. Le passage suivant de Brice Cohen-Sabbanrésume bien la désorientation occidentale au fil des siècles :« Dans l’antiquité grecque, la nudité n’avait rien de honteux ; elle était même une norme dans les stades où les hommes avaient accès. A Rome, la pudeur était la vertu de la matrone et la femme mariée devait cacher son corps ; cela a introduit la pudeur féminine comme désir de ne pas être troublé par le regard d’un homme. Au moyen âge, malgré les condamnations de nombreux conciles médiévaux, la nudité ne choque pas […], encore dépourvue de connotation sexuelle. A partir du XVIIe siècle, naît la pudeur « moderne », celle se liant aux organes sexuels et à la chasteté. Au XVIIIe siècle, elle est naturalisée chez les femmes par des signes involontaires du corps, comme la rougeur. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la pudeur s’inscrit dans les bonnes mœurs chrétiennes, prenant alors un caractère sacral et obligatoire. Enfin, au XXe siècle, avec la libération de la femme, la pudeur corporelle disparaît au profit d’un accroissement d’une pudeur des sentiments […] ainsi que d’une pudeur des fonctions alimentaires, excrémentielles et sexuelles. »*

Ce petit résumé qui décrit la perdition et la débauche des Occidentaux (il résume aussi quelques arguments de ceux qui combattent la pudeur), néglige (intentionnellement ?) les autres civilisations, surtout orientales, où la pudeur a toujours été une grande vertu sociale. Cela ne concerne pas forcement la civilisation musulmane, car la pudeur chez les Arabes par exemple a existé même durant la période d’El Djahilia. Des peuples asiatiques aussi, ont réussi à protéger leurs cultures tout en s’ouvrant sur le monde et les nouvelles technologies. Ils s’accrochent jusqu’à nos jours à la pudeur et à la chasteté.

L’Islam a quant à lui donné une immense importance à la pudeur, faisant d’elle le  pilier du comportement d’un bon Musulman. En effet, les préceptes de la religion islamique éduquent l’être humain à élever son comportement d’abord avec son Dieu et avec lui-même, c’est-à-dire qu’il se surveille même en étant seul, ensuite avec la société qu’elle soit musulmane ou autre.

La pudeur pour le Musulman ne dépend donc pas de son environnement. Il est celui qui la porte. De ce fait, même en se retrouvant dans une société non pudique, il maintient un comportement constant.

Dans le monde occidental, il-y-a une certaine divergence par rapport à la source de la pudeur. Les uns pensent que c’est une caractéristique immanente chez l’homme et les autres qu’elle est culturelle. Dans la croyance musulmane, la pudeur est immanente car tous les êtres naissent dotés de cette qualité. Mais elle est aussi influençable. Ceci expliquerait la différence qu’on trouve selon les sociétés. N’oublions pas que l’être humain nait avec la Fitra et se sont ses parents qui l’orientent vers d’autres croyances. Comme le souligne le célèbre Hadith. 

(*)L’article : http://philosophie.initiation.cours.over-blog.com/article-les-origines-de-la-pudeur-ou-la-pudeur-entre-nature-et-culture-47606088.html