Actualité nationale

Le 4ème mandat, atout ou risque majeur ?/Nadir LARDJOUNE

 

elect 2014 La requête de l’opposition refusée

Après un long suspense, le Président de la République Abdelaziz Bouteflika vient d’officialiser sa candidature aux élections du 17 avril 2014. C’est le Premier ministre Abdelmalek Sellal qui l’a annoncé à partir d’Oran.

Et finalement, comme il était prévisible, c’est le trois Mars 2014  que le Président Abdelaziz Bouteflika a déposé son dossier de candidature au Siège du Conseil constitutionnel.

Maintenant que la candidature de Abdelaziz Bouteflika est confirmée, comment vont réagir les acteurs de l’opposition ?

Pour les observateurs de la scène politique algérienne, la marge de manœuvre de l’opposition est tellement mince qu’elle ne pourra pas changer le cours du scrutin présidentiel prévu au 17 avril 2014, sachant que le Système a choisi Abdelaziz Bouteflika comme candidat du consensus.

Certaines formations de l’opposition avaient déjà soutenu il ya plus d’une année que la fraude sera aussi présente lors du prochain scrutin présidentiel et le dernier remaniement gouvernemental a confirmé leurs appréhensions avec la désignation de Tayeb Belaize, comme ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Tayeb Louh, comme ministre de la Justice et Mourad Medelci, comme président du Conseil constitutionnel.

Ces trois ministres sont connus comme étant des proches de Abdelaziz Bouteflika ; d’où leur affectation à des postes clés dirigeant, contrôlant toutes les étapes des élections et validant les résultats du scrutin.

En effet, comme ces trois ministres sont notoirement connus comme  faisant partie du clan présidentiel, d’où les réserves de l’opposition qui crie à tort ou à raison à la fraude des élections.

Par ailleurs, l’opposition a demandé aux autorités de confier l’organisation de ces élections à une Commission indépendante dans laquelle tous les participants aux élections auront droit d’en faire partie, mais cette requête a essuyé un refus catégorique.

 

Le changement espéré différer encore une fois

Pour les observateurs neutres, la désignation de ces trois ministres à la tête des Départements dirigeant, contrôlant et validant les résultats des élections, et  le refus de confier à une Commission indépendante l’organisation des élections en question, comme on le voit, la boucle semble bouclée, donc, les arguments de l’opposition sont objectifs et justifiés, mais n’influençant aucunement sur le résultat final des élections faute de pouvoir les changer.

Le scénario de 1999 va-t-il se répéter ?

Impossible, soutiennent les initiés aux mœurs de la politique algérienne, et d’ajouter, « l’opposition ne pourra ni se retirer, ni  gagner ces élections, vu le  verrouillage mis en place pour garantir le succès du candidat choisi par le Système, ce qui implique que le changement politique tant espéré n’est pas pour demain ».

Tenant compte de ce qui précède, l’opposition en question va continuer de manger son pain noir et il sera plus profitable pour elle d’investir dans l’avenir en inscrivant son action de militantisme dans le long terme, et par voie de conséquence, elle devra (l’opposition) accepter d’incarner le rôle de l’aiguille qui habille tout le monde tout en demeurant elle-même nue (œuvrer pour les générations montantes).

A contrario, le quatrième mandat de Abdelaziz Bouteflika est-il un atout ou un  risque majeur  pour l’Algérie ?

Cette question a fait couler beaucoup d’encre dans la scène politique algérienne et desséché le palais buccal aussi bien des animateurs de l’opposition que celui des professionnels du « bendir » du quatrième mandat du Président sortant.

L’inquiétude des Algériens

Pour la majorité des Algériens ( à l’exception des affairistes), Abdelaziz Bouteflika est gravement malade, ou plus précisément, il ne peut ni marcher ni parler convenablement selon certaines rumeurs, parce qu’il n’a pu jusqu’à présent adresser la moindre parole au peuple algérien depuis plus d’une année, pourtant beaucoup d’occasions étaient propices pour le faire.  Cela aurait pu indisposer l’opposition et de la mettre dans l’embarras, et quelques bribes de mots inaudibles qu’il a prononcés avec une voix presque éteinte et hachurée lors du dépôt de son dossier de candidature au Siège du Conseil constitutionnel n’y changeront rien aux yeux des Algériens.

Comme on le constate, cette absence de communication de l’actuel Président de la République apporte non seulement des grains au moulin de l’opposition, mais par ricochet, elle discrédite aussi auprès du peuple algérien les courtisans, les poètes de la cour et tous  les « medahs » des décideurs du moment.

Pour toutes les raisons suscitées, la majorité des Algériens sont inquiets de l’avenir de leur pays, sachant que ceux  qui réclament à corps et à cri un 4éme mandat ne le font aucunement pour l’intérêt de l’Algérie, mais c’est pour préserver et protéger leurs fortunes colossales mal acquises, c’est également pour continuer de  jouir des privilèges multiples  qu’offre le Système à ses serviteurs, estiment les Algériens.

Pour sauvegarder leurs richesses amassées à l’ombre du Pouvoir, ils veulent imposer le quatrième mandat parce que c’est le seul moyen qui leur garantira l’impunité, l’aisance matérielle et la continuité de tirer profit, de mener une vie de luxe en se collant comme une sangsue aux basques des détenteurs du pouvoir pour leur proposer publicité et prise en charge de la « vente » du 4e mandat.

Selon l’avis des analystes, l’obstination des rentiers, des gros profiteurs de l’actuel Système et la meute de courtisans à vouloir imposer à tout prix un 4e mandat pour Abdelaziz Bouteflika, risque d’allumer la mèche de la discorde sociale dans la «maison Algérie», et d’ajouter : « Ce 4e mandat ressemble à un orage dont les grondements du tonnerre et les gros nuages noirs dans le ciel algérien sont là et bien réels ( les ingrédients de la Fitna).

Cependant, la manifestation du tonnerre et des gros nuages noirs n’implique pas nécessairement dans tous les cas  l’éclatement de l’orage.

Ne soyons pas trop pessimistes même dans le cas où  le danger soit réel de la « Fitna » qui guette la stabilité de l’Algérie, comme l’affirment les animateurs de l’opposition algérienne (Fitna selon eux résultant du quatrième mandat imposé de force ).

Heureusement qu’il existe encore dans ce pays des hommes de sagesse et de raison; susceptibles  d’intercéder pour modérer et tempérer la vision des uns et des autres, afin que le changement politique demandé par la Société algérienne ne puisse être que pacifique pour le bien et l’intérêt de tous, et cela ne manquera pas d’atténuer aussi les appréhensions et d’éliminer les idées noires qui torturent les Algériens tourmentés par le destin de l’Algérie de l’après 17 avril 2014.

Et comme il n’est pas interdit de rêver, souhaitons que le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika se retirera des élections à la veille du 17 avril 2014, et ce, pour garder proprement son nom dans l’Histoire de la Nation Algérienne.

Et s’il opte encore pour un quatrième mandat, dans ce cas, à l’exception des affairistes qui l’entourent, tous les Algériens (sondés) qui ont beaucoup de respect envers sa personne estiment que son œuvre politique subira inévitablement un discrédit irréparable, vu la division du monde algérien au sujet de ce quatrième mandat de trop, pour les uns, et de survie pour d’autres.

Enfin, n’oublions pas surtout que l’Histoire se réserve le droit le plus absolu d’accueillir ses Stars et ses Etoiles dans la cour de son palais éternel et d’obliger aussi les gouvernants qui auraient administré jadis leurs peuples contre leur volonté de regagner pour l’éternité le cimetière de de ses épaves.

N.L.