Actualité nationale

Syndicats autonomes : Partenaires incontournables !/Nacer Nadji

NADJILa multiplication des grèves depuis quelques années dans la fonction publique est le signe révélateur d’une dégradation de la situation économique et sociale en Algérie. Ces grèves cycliques des personnels de la santé, des postes et télécommunications et des enseignants sont aussi le signe que les canaux et moyens d’expression organisés, institutionnels et pacifiques sont soit inexistants soit empêchés. Dans les faits, il semble que les autorités compétentes refusent de délivrer le fameux récépissé d’enregistrement à la création de fédérations ou de confédérations. Plusieurs tentatives ont été initiées par les syndicats autonomes mais qui ont essuyé un refus systématique. Le syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation(SATEF) ainsi qu’une dizaine de syndicats voient leur demande de création d’une confédération rejetée sans raison. Une seconde tentative de création d’une confédération dénommée « confédération Algérienne des syndicats autonomes »(CASA), regroupant cinq syndicats a également été rejetée par les autorités invoquant leurs non-conformité avec la loi. Mais les syndicats autonomes structurés au sein de la confédération des syndicats Algériens (CSA) ne lâchent pas prise et comptent mettre fin à toutes les restrictions du pluralisme syndical.

 

Revendications structurelles.

 

Au delà des revendications salariales et un régime indemnitaire digne, les syndicats autonomes dénoncent le tutorat de l’UGTA et exigent des pouvoirs publics plus de respect afin de pouvoir défendre réellement les intérêts des travailleurs. Pour cela, ils revendiquent le droit de :

 

– siéger à la tripartite (Gouvernement, UGTA, Patronnât)

 

– l’accès aux ressources ou les moyens d’exercice du droit syndical (Subvention éventuelles de l’état, locaux, etc). En effet tous les syndicats à l’exception de l’UGTA se plaignent du manque de moyens matériels et financiers à leur disposition. Dans un pays ou l’essentiel du patrimoine immobilier et des moyens financiers sont détenus par l’état, ils voient dans ce manque de moyens une véritable politique des autorités pour les empêcher de mener normalement leurs activités syndicales. Pour ce faire, les autorités disposent de tout un arsenal doctrinal et pratique, dont la notion de représentativité. Celle-ci est laissée à l’appréciation de l’employeur ou de l’autorité administrative qui dans la plupart des cas est défavorables aux syndicats autonomes.

 

-Consultation dans les domaines d’activité qui les concernent lors de l’élaboration des plans nationaux de développement économique et social.

 

-Consultation en matière d’évaluation et d’enrichissement de la législation et de la réglementation du travail.

Tous les syndicats autonomes se plaignent d’un système d’exclusion et de marginalisation, de l’absence de leur reconnaissance comme partenaires sociaux lors des négociations, le non respect du droit de grèves, la fermeture de leurs bureaux. Par ailleurs, il est à noter que les représentants syndicaux font l’objet de harcèlements et de violences. De nombreux cas d’intimidation et de surveillance policière ont été rapportés.

 

Le favoritisme à l’égard de l’UGTA

 

D’après le conseil national de l’enseignement supérieur (CNES)

 

Le syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP)

Syndicat national des travailleurs de l’énergie (SNTE)

Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (SNAPAP). L’UGTA bénéficie d’un millier de locaux équipés et cédés gratuitement par l’état ainsi qu’un parc roulant, d’une subvention colossale, alors que très peu a été attribué aux syndicats autonomes. Par conséquent, ils attendent du gouvernement de les faire bénéficier de tous les avantages matériels et financiers que leur accorde la loi dans un esprit de transparence et d’équité avec l’UGTA. Les considérer comme de véritables partenaires sociaux à même de participer à tous les forums, tripartites, tables rondes, conseils divers ou sont débattues les questions sociales.

 

Le chantre zélé du pouvoir

 Le pluralisme syndical a été conquis à la fin des années 80. L’engouement des travailleurs et leur adhésion en masse dans les rangs de ces organisations autonomes, a remis  en cause le monopole de l’UGTA. Ce pluralisme, mal perçu par le pouvoir, pousse les autorités à favoriser le syndicat appareil. L’UGTA et même ses leaders ne sont pas les seuls responsables de cette situation. Le système politique l’est autant. Un système politique en quête de légitimité et qui n’existe qu’à travers le journal télévisé de 20 heures et ses supports, notamment les patrons successifs de l’UGTA. Ces derniers sont obligés de le soutenir dans ses projets politiques. Ce rôle, joué par la centrale syndicale est le même qui sera demandé aux syndicats autonomes pour qu’ils soient reconnus comme partenaires à part entière. L’UGTA semble avoir irrémédiablement scellé son sort à celui d’un régime branlant. Son immixtion en politique et son inconditionnel soutien au pouvoir, l’ont privé du capital sympathie auprès de larges parties de travailleurs.