Études et analyses

Droit Islamique :SAUVEGARDE D’UN SYSTÈME DE VALEURS PROPRES/Prof.Said Benaissa

said benaissaLa ‘Akida, les Ahkam et les Principes de sauvegarde des finalités de la religion sont au cœur de la foi musulmane

A. LA ‘AKIDA MUSULMANE EST GOUVERNEE PAR CINQ CROYANCES :

1. attawhid : croire en un Allah (Q) unique et sans associé ;

2. el ‘adl : justice et équité : Allah (Q) ne fait de tord à personne ; ce sont les gens qui se font du tord à eux- mêmes : sourates nombreuses ;

3. an – noubouwa : croire en tous les Prophètes (S) comme intermédiaires pour apporter la bonne nouvelle et avertir : moubachirin wa moundhirin. 25 Prophètes sont cités dans EL QOUR’AANE parmi lesquels cinq awalou el ‘izm (Nouh ; Ibrahim ; Moussa ;’Isa ; Mohammad afdhal el khalq;

4. l’Imâmat : qualités de ceux appelés à gouverner (voir al-Mâwardî ; at-Taftâzânî ; ‘Abd-er-Rahman al-’Îdjî ; al-Qurtobî ; Ibn Khaldûn ; ’Abû-al-Hassan al-’Ach‘arî ; Al Imâm al-Ghazâlî ; al-Fakhr ar-Râzî ; Ibn ‘Abidîn ; ’Imâm al-Haramîn ; ach-Chawkânî ; Taqyuddîne An-Nabhânî ; Ibn Hadjar ; Sa’îd Nûrsi ; Ibn Bâz ; an-Nawawî ; ach-Châtibî ; Ibn Kathîr…).

 

5. el mi’ad : la croyance en la résurrection.

B. LA CROYANCE AUX AHKAM

Elle se matérialise par l’application des Fourou’eddine (les branches de la religion islamique).

Ce sont les Piliers de la religion islamique qu’Allah (Q) a édictés pour la conduite du musulman et qui fondent, par leur application (facilités pour certains et dans certaines circonstances) sa qualité de musulman. On n’en dénombre sept fondés sur une base rationnelle : en effet, si des commandements ont été prescrits par Allah (Q) en tant que Ses droits propres, c’est à la fois pour les bénéfices que les pratiquants peuvent en tirer et pour les dommages et autres turpitudes qu’ils peuvent éviter. D’ailleurs, il n’existe aucune contrainte en religion islamique car nul n’est tenu à l’impossible. « Allah n’entend vous imposer aucune gêne » (5,6) ; « (Par l’intermédiaire des Prophètes messagers) Nous avons fait descendre la balance pour que les hommes observent l’équité… » (Al-Hadid, 25).

1. La prière quotidienne, est une action pour soi : l’accomplissement de la prière sans laquelle les autres actes du musulman ne sont même pas ‘examinés’ au décompte ; la prière est admise même couché lorsqu’on est malade. « En vérité, la prière empêche (de ce livrer à la) turpitude et de commettre des abominations » (Al-‘ankabout, 45).

2. la Zakat telle que prescrite pour ceux disposant d’un certain minimum  de ressources ( An-Nissab : seuil d’imposition) est un acte de solidarité sociale : elle est affectée à huit destinations : les démunis ; les pauvres ; ses collecteurs et ceux chargés de sa répartition (l’administration fiscale et budgétaire) ; pour ceux dont les cœurs sont à gagner ; pour l’affranchissement des esclaves  et des prisonniers; pour ceux lourdement endettés ; pour des œuvres servant au bien commun (dans le sentier d’Allah (Q)) ; pour le voyageur (le fils de la route) (Atawba, 60).;

3. le jeüne accompli par ceux capables physiquement de le pratiquer est une action pour Allah (Q) et c’est Lui qui en assurera la récompense. Des dispenses compensées sont accordées aux malades, aux personnes âgées et aux gens en voyage. « Il vous a été prescrit de jeûner à l’instar de ceux qui vous ont précédés afin que vous soyez en état de piété » (Al-Baqarah, 183).

4. Le pèlerinage à la Mecque, obligatoire seulement pour ceux capables physiquement et financièrement de l’accomplir. Les prières aux mosquées de la Mecque et de Médine valent mille prières chez soi et si le Hadj est agréé, chaque pèlerin est absous de tous ses péchés antérieurs.

5. Le djihad fi sabili Allahi  pour assurer la défense de l’Islam par tous moyens  y compris par tout effort de Recherche ( Djihad el akbar);

6. El amr bil-el marouf wa nahyou ‘ani el mounkar: la pratique d’ordonner aux gens de faire le bien et de proscrire le mal ;

7. Housnou el khoulouk : une bonne moralité comprenant : Assidk, absence d’hypocrisie, de pratiques frauduleuses dans ses relations avec les gens ; El amana, etc…

Le droit musulman inclut aussi des normes de comportement, normes de politesse recommandées (le salam ‘alaykoum prescrit par Coran (les abeilles,32), et des normes morales (makarim  el akhlak wa ‘aliha) gouvernées par  la règle recommandant de faire le bien et de pourchasser le mal (Al Amr bi el Mâ’rouf wa nahy ‘ani el Mounkar) (wal takoun minkoum oumatoun yad’ouna ilal-l- khayri wa ya’mourouna bil maa’rouf wa yanhawna ‘ani al-mounkar… (3,104) non susceptibles de sanctions devant les tribunaux, ni de recours à une force publique, du moins après la laïcisation, mais utilisant la verbalisation ou une certaine humiliation à l’époque où les gens avaient encore une certaine pudeur (police des marchés : el mouhtacib).

 

C. LE RESPECT D’AUTRES PRINCIPES DIRECTEURS

Il est aussi exigé : Adharouriat el khoums (Principes de sauvegarde des finalités de la religion) :

a ) Hafdh addine : la préservation de la religion;

b) Hafdh  el ‘akl  : la préservation de l’intellect ;

c) Hafdh anafs     : la préservation de (la vie de) l’âme ;

d) Hafdh anasl     : la préservation de la reproduction ;

e) Hafdh el mal    : la préservation de la propriété