Actualité nationale

Couverture médiatique de la présidentielle 2014 : Ethique et impartialité/Nacer Nadji

NADJIPaysage audiovisuel national pluriel

Depuis quelques temps, plusieurs chaines de télévisions Algériennes apparaissent sur le satellite et viennent meubler le paysage audiovisuel. Situation totalement ubuesque : Tolérées par les pouvoirs publics, ces chaines restent cependant interdites de télédiffusion nationale, leurs rédactions sont basées à Alger mais elles n’ont droit qu’à une accréditation provisoire en tant que médias étrangers. L’un des sujets les plus débattus par les professionnels des médias et même par les téléspectateurs, est la source de financement de ces télévisions privées. Des noms de gros industriels, de politico-affairistes circulent. «  C’est très malsain pour l’avenir de l’information » estiment les experts en communication et qui s’interrogent « Comme est ce possible de donner un feu vert à des chaines de télé comme si elles étaient étrangères tout en sachant qu’elles sont de capitaux Algériens ? » L’indépendance de ces chaines est très limitée. Il n’y a pas de reportages sur la situation des droits de l’homme, des enquêtes sur les affaires de corruption. Il est ainsi impossible d’entendre ou voir une critique ne serait-ce que minime du chef de l’état. Ça doit être la ligne rouge à ne pas franchir. Les Algériens écœurés par une ENTV indigeste, propagandiste dans sa programmation, financée par le contribuable est perçue par les dirigeants comme un outil au service exclusif du pouvoir. La majeure partie de l’information politique est consacrée à l’activité du président, des ministres. L’activité de l’opposition est quasi inexistante. Il n’y a que le message officiel qui y passe.

Election présidentielle et médias lourds.

Face au vide qui a précédé et la souffrance des téléspectateurs, qui ne se sont jamais reconnus dans ce qu’ils regardent, les chaines privées se sont engouffrées dans des créneaux jamais occupés par l’ENTV. Elles alimentent les foyers de paroles de citoyens Algériens qui s’expriment sur un thème donné,  couvrent les manifestations populaires et les grèves et ouvrent même leurs écrans à des personnalités politiques rarement invités sur les plateaux d’une télé Algérienne. Mais certains observateurs et analystes sont sceptiques. « C’est une fumisterie, ces émissions sont lancées pour faire croire aux citoyens qu’il y a une vraie liberté d’expression ». Ce qui est sur, c’est que ces chaines font beaucoup mieux que l’ENTV, que les candidats à l’élection présidentielle du 17 avril 2014, dénoncent la partialité en ouvrant ses plateaux aux associations et partis qui font la promotion électorale du candidat Abdelaziz Bouteflika. Ils affichent d’ores et déjà leurs scepticismes en accusant l’entreprise nationale de télévision de faire dans le favoritisme dans le traitement des ’informations liées au prochain scrutin et relèvent le manque flagrant de professionnalisme et d’objectivité.

En tout cas la bataille sera rude par médias interposés. Ce n’est pas

seulement la télé, mais le constat concerne aussi les chaines de radio et l’ensemble des titres de la presse écrite nationale, publique et privée.