Études et analyses

NOUS VOULONS EN ALGERIE UN ETAT DE DROIT /Par : Afaf Aniba

anibaDepuis 1962, date de l’indépendance de l’Algérie, nous vivons dans un Etat de non droit, au nom de la légalité révolutionnaire, une génération de combattants algérien s’est appropriée le pouvoir et pour conserver le plus longtemps possible ce pouvoir, une partie de ces combattants malintentionnés se sont alliés à des clans mafieux, et ces derniers avec les premiers bien sûr,  tout leur souci s’articule autour de cette idée obsédante comment pouvoir exploiter le plus possible les richesses de l’Algérie d’une manière illégale et dans l’impunité totale !

Nous sommes au lendemain des élections présidentielles du 17 avril 2014, avec une classe politique et une opposition politique malade de ses maux comme l’étroitesse de vue, son incapacité à faire face aux milles défis qui se posent à une société Algérienne en perdition, à un contexte international de plus en plus déstabilisant.

Si certains jugent que je suis en train d’exagérer, à ceux-là je dirais, il y a deux conditions sine qua non garantissant la prospérité de tout Etat, c’est la gouvernance qui a pour base justice et liberté. Que la justice vienne à manquer et c’est le sort de tout un peuple qui est en danger, en Algérie, il n’y a pas une politique répressive à l’encontre de tous les éléments corrompus. Nous avons souffert et nous continuons à souffrir de cet état de fait depuis 1962, c’est-à-dire depuis cinquante deux ans et nous sommes arrivés à la limite de la patience, personnellement, je veux une Algérie libre et juste pour les petits-enfants  de tous les Algériens.  Je ne peux plus attendre 52 autres années pour enfin vivre le triomphe de la justice et l’éradication des corrompus qui ont transformé la vie de millions de citoyens algériens en cauchemar.

Nous voulons le changement maintenant, nous voulons transmettre aux   tenants du pouvoir corrompus ce message : le rejet par une frange importante de la société et du peuple Algérien de leur diktat est formel, pacifique dans son contenu, plus personne en Algérie ne commettra le crime qu’ont commis des prétendus islamistes dans les années 90 en portant les armes contre leur propre Etat pour soi-disant défendre une victoire aux élections législatives. Il fallait s’armer de patience et affronter l’injustice en planifiant à long terme un changement de la société algérienne en misant sur l’éducation et une aide sociale solide pour les pauvres et les plus démunis.

Notre droit à manifester notre refus de voir l’injustice continuer à régner comme une politique imposée est indiscutable, toutes les constitutions de nature humaine ou divine refusent l’injustice et la condamnent fermement et soutiennent le droit des peuples à disposer de leur sort et à exprimer à travers des manifestations pacifiques leurs refus total et définitif du joug de la corruption étatique.  Heureusement, nous commençons à vivre une prise de conscience auprès de mouvement civile algérien qui loin de se compromettre par un militantisme partisan, sont en train d’écrire une nouvelle page dans l’histoire moderne de l’Algérie. Une page où ils expriment ouvertement leur intention de ne plus se taire, de ne plus reculer, de ne plus jouer la carte de l’indifférence, des Algériens et Algériennes de quelque tendance qu’ils soient, ont enfin compris que le changement politique est possible mais cela ne se passera pas conformément à la recette du « Printemps arabe » qui a tourné à la guerre civile en Syrie et à une répression sans précédent en Egypte. Et même l’exemple tunisien plus ou moins pacifiste n’est pas un modèle à suivre pour nous autres Algériens, bien que nous ayons un grand respect pour l’expérience tunisienne.

Il y a un déclic qui s’est fait en Algérie Alhamdullillah, mais un long chemin, un très long chemin à parcourir  nous attend. Nous avons à recouvrir nos droits que nous octroie notre citoyenneté de par les textes de la Constitution algérienne et cette quête qui aurait dû commencer dès 1962, date de la confiscation de notre indépendance et de notre droit à l’autodétermination, a fini par prendre forme et corps et cela est un très grand message d’espoir pour le peuple Algérien et les générations futures.

Le 17 avril 2014, j’ai voté blanc. C’est mon droit constitutionnel de voter à toute élection et cette fois aussi bien que j’ai arrêté ma décision de ne plus exercer ce droit, je l’ai pratiqué en tant que citoyenne algérienne libre qui  n’aspire qu’a une seule chose, de vivre dans un Etat de droit et où la justice n’est pas un vain mot.