Echo

Décès de l’historienne Djamila Amrane, militante de l’indépendance algérienne

Le samedi 26 janvier 1957, lors de la ’bataille d’Alger’, Djamila Amrane, alors âgée de 17 ans, participe à un triple attentat du FLN dans trois brasseries de la rue Michelet située dans le quartier européen. Elle pose sa bombe dans le bar Otomatic à Alger, tandis que deux autres jeunes filles déposent d’autres engins explosifs au Coq-Hardi et à La Cafeteria : ce sont Djamila Bouazza, âgée de 19 ans et Zoubida Fadila.
Djamila Amrane échappe à l’arrestation et gagne alors le maquis FLN. Elle sera arrêtée avec certains de ses camarades en novembre 1957.
Condamnée le 4 décembre 1957 à sept ans de prison, incarcérée à la prison de Barberousse, transférée ensuite en France, Djamila Amrane est libérée en avril 1962 à Rennes et amnistiée en application des Accords d’Évian.
Après l’indépendance du pays, Danièle Minne opte pour la nationalité algérienne et devient Djamila Amrane après son mariage en 1964, avec le frère du grand médecin de la révolution Khellil Amrane dans la wilaya 3. Elle travaille à l’Université d’Alger puis devient en 1999 professeur d’histoire et d’études féminines à l’Université de Toulouse.
L’historien Youssef Girard s’étonne de «l’indifférence des milieux militants français suite à la mort de Djamila Amrane. Voici une femme qui a lutté les armes à la main contre l’oppression coloniale et qui après a fourni un travail sérieux sur l’apport des femmes algériennes à la Révolution algérienne. Et rien. Silence.
Ce silence me semble assez significatif, notamment pour les « féministes islamiques » qui, comme les courants dominants de l’islam dit « politique », sont dans l’amnésie ou dans le rejet de l’histoire des mouvements de libération nationale de la nation arabe ».