Études et analyses

CRISE MONDIALE ACTUELLE Par Mahi TABET AOUL

La crise actuelle du monde est due à l’échec du capitalisme, à cause des inégalités qu’il a créées : domination du marché mondial, dérive vers la spéculation financière et l’échec du socialisme provoqué par l’asservissement des masses au nom de la lutte des classes et la dérive bureaucratique et oligarchique.

1- ECHEC DES IDEOLOGIES
L’échec du capitalisme provient de la mutation du domaine de la concurrence des marchés vers le domaine de la spéculation financière à travers le renforcement du pouvoir du système bancaire au détriment de celui des Etats. Les banques, après avoir réalisé des bénéfices colossaux et transféré une grande partie des fonds mondiaux en direction de la mafia politico-financière, organisée à l’échelle mondiale, ont provoqué leur banqueroute. La dernière crise bancaire mondiale date de 2008 et a provoqué la faillite des petits épargnants et des familles modestes et dégradé le niveau de vie de l’immense majorité des classes moyennes. Les Etats, pour éviter l’effondrement de leur système capitaliste, basé sur les banques, ont du renflouer, à coût de plusieurs dizaines de milliards de dollars, le captal de ces banques en puisant sur les fonds du trésor public, sans rechercher, en profondeur, les causes et les coupables à l’origine de cette crise. Ceci a été fait au détriment des peuples sans condamner les auteurs à l’origine de la faillite ou tenter de récupérer les fonds extirpés. Au lendemain de cette crise, les promesses sur l’élimination des paradis fiscaux, l’identification des fuites et de la délocalisation des capitaux sont restées lettre morte.
L’échec du communisme vient de la dérive du socialisme sensé être au service du peuple. Il a entraîné l’instauration et le règne absolu d’une oligarchie corrompue au service de ses propres intérêts et du monopole du pouvoir. Pire que tout, les détenteurs du pouvoir se sont servis du socialisme pour imposer leur diktat et leur despotisme en faisant régner la terreur, l’injustice et la suppression de toute liberté d’expression ou d’action.
Les deux systèmes socialiste et capitaliste ont donné naissance à des mafias militaro-politico-financières qui se sont appropriées, dans l’ombre, les règnes des Etats.
Le capitalisme cherche sournoisement à imposer sa loi au nom d’une globalisation économique mondiale. Il tente de monopoliser les principaux rouages de l’économie mondiale et de dominer les systèmes d’information et de communication pour manipuler les masses populaires et asservir la planète toute entière. Pire que ça, il veut fabriquer un citoyen mondial qu’il tente de faire sortir des éprouvettes de ses laboratoires pour le transformer en robot docile et obéissant à ses ordres.
Le socialisme, en perte de vitesse, veut instaurer une pseudo-égalité des peuples au niveau mondial, chose qu’il n’a jamais réussi à mettre en pratique par le passé, quand les conditions et les moyens nécessaires étaient réunies.

2- SPECULATION ALIMENTAIRE APRES LA SPECULATION FINANCIERE
La dernière trouvaille de la mafia politico-financière, après la spéculation financière, toujours au nom de la mondialisation, est la monopolisation de la production agricole mondiale à travers l’asservissement financier des agriculteurs et paysans qui se trouvent dans la nécessité de recourir aux crédits pour assurer l’exploitation et l’entretien de leurs champs. Le résultat, aujourd’hui, est l’instauration d’un quasi monopole sur les denrées alimentaires dont les prix augmentent de jour en jour, provoquant la faim et la misère des plus pauvres dans de nombreux pays du monde. C’est d’autant plus navrant que de voir se juxtaposer deux visions contradictoires au niveau mondial et émanant des mêmes centres de décision : celle des OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement) parrainés par l’ONU (Organisation des Nations Unies) et approuvés en 2005 par l’ensemble des pays du monde pour réduire la pauvreté dans le monde de moitié à l’horizon 2015 et la quasi monopolisation des échanges mondiaux par la mafia politico-financière qui cherche à affamer les peuples au nom de la mondialisation et de la liberté des échanges. Devant l’échec visible des OMD, on tente de les dévier avant l’horizon fixé pour leur accomplissement pour éviter de conclure à leur échec. Ainsi, on avance un nouveau mensonge à travers un nouveau paradigme pour faire face à la pauvreté. On parle de transformer les économies pour créer des emplois et favoriser un mode de croissance inclusif; de construire la paix mondiale, de créer des institutions efficaces, transparentes et responsables pour tous et la mise en place d’un nouveau partenariat mondial. On parle, de plus en plus, de la nécessité de réaliser un nouvel esprit de solidarité, de coopération et de responsabilité mutuelle au niveau mondial dès 2015. Il y a quelques siècles déjà avec l’avènement de la modernité, on parlait d’une nouvelle humanité universelle basée sur ces mêmes vœux et qui devait assurer :
• La solidarité mondiale à travers une répartition équitable de la richesse entre pays riches et pauvres et entre les classes aisées et déshéritées à l’intérieur de chaque pays. Comment peut-on accepter qu’un individu devienne un SDF (Sans Domicile Fixe), sachant que la dégradation volontaire d’un individu est la dégradation de l’humanité toute entière.
• Le respect universel et la primauté du « DROIT DE L’ENVIRONNEMENT » sur les « DROITS DE l’HOMME ». les ressources naturelles de l’environnement (air, eau, sol) sont le support de la vie. A quoi serviraient les droits de l’homme, si demain l’homme sera condamné à vivre dans un cadre de vie dégradé qui détruira son bien être et sa santé.
• La lutte contre l’injustice, le triomphe de la légalité et de la liberté.

3- LIMITATION DES ETATS NATIONS FACE AUX DEFIS GLOBAUX
Devant la situation actuelle, caractérisée par une crise économique persistante et la montée en puissance du chômage, chaque pays se débat dans ses propres difficultés en tentant de résoudre ses problèmes par lui-même. On oublie que face à une crise globale, qui touche tout le monde, la réponse ne peut être que globale. Il faut passer des approches technicistes élaborées au niveau national à des nouvelles approches humaines et solidaires au niveau régional et international.
La faillite de certains pays, au sein de l’Union Européenne, montre les limites de solutions technicistes basées sur les grands équilibres budgétaires en faisant abstraction de leurs conséquences sur l’homme qui se trouve parfois condamné, malgré lui, au chômage et à la précarité. Ainsi l’homme est assimilé à un bien matériel soumis à la loi du marché. Il n’a de valeur que s’il contribue à renforcer la maffia politico-financière.

4- DEGRADATION DE L’ENVIRONNEMENT GLOBAL
De grands défis guettent l’humanité : le changement climatique, la perte de biodiversité et la désertification des terres. Le changement climatique est désormais une réalité qu’on vit tous les jours (cyclones, tsunamis, séismes, inondations, sécheresses, vagues de chaleur et vagues de froid, …).
De jour en jour, on assiste à une perte irréversible d’espèces végétales et animales en tant que patrimoine commun de l’humanité. La désertification des terres continue son avance implacable, rendant de nombreuses terres infertiles. Les Conventions mondiales sur l’environnement et le développement et les principes sur les forets, la pollution ou la radioactivité, sensés soulager les contraintes socioéconomiques et environnementales, se sont avérés inappropriées.

5- CONCLUSION
Le monde aujourd’hui se trouve dans une impasse. Il est dominé par une maffia militaro-politico-financière qui, dans l’ombre, dicte sa loi aux Etats-Nations incapables de répondre aux besoins légitimes de leurs peuples. Les Etats pauvres doivent se soumettre au diktat de cette maffia sous peine de mesures de rétention, d’embargo ou d’intervention dite humanitaire. On vit au jour le jour et les perspectives d’avenir sont obscurcies. Les vœux d’un monde solidaire s’estompent sous les coups buttoirs des nouveaux maitres du monde dont seul leur profit compte et dont leurs actions visent uniquement la croissance pour la croissance sans se soucier du devenir de la planète et de sa capacité à régénérer ses ressources naturelles. Les actions ne visent nullement les finalités oubliées qui sont le bonheur et le devenir de l’humanité.