Le mot du président

DECOLONISER L’HISTOIRE – Par : Le Pr. Dr. Abderrazak GUESSOUM*

Gloire à la mémoire de l’historien algérien, Mohamed Chérif Sahli qui un jour lança à l’adresse des historiens algériens le Titre de son livre «Décoloniser l’Histoire».

Par ce livre célèbre, Sahli propose la méthodologie de l’histoire de l’Algérie indépendante et souveraine afin de l’immuniser contre toutes sortes de dépendance culturelle et idéologique.

A la lumière de cette méthodologie, quelle lecture peut-on donner aux multiples évènements qui caractérisent  aujourd’hui la réalité algérienne et qui pour certaine Presse actuelle risquent de devenir un jour des références pour l’écriture de l’Histoire à l’adresse des générations de demain.

En procédant à une lecture analytique de certains articles notamment dans la Presse francophone ; nous sommes choqués par des plumes de quelques auteurs qui sans foi ni loi mènent une campagne de dénigrement contre tous ceux qui défendent l’Authenticité et la fidélité de l’Algérie à ses origines et à ses Martyrs.

Loin de vouloir « pousser avec eux » vers la haine, la discorde et la violence verbale, nous nous permettons d’apporter quelques corrections à leurs mensonges.

Loin donc pour nous de considérer comme eux en « blasphémant » la « Basmala » par exemple qui est synonyme de notre Foi et de notre Identité comme «…  un mot qui rime avec la smata ».

Sans polémiquer avec quiconque, nous rappelons que nous n’avons cessé d’exiger la transparence dans les Programmes de Réformes nationales notamment celui visant à former l’esprit de nouvelles générations.

Où se situe alors l’extrémisme ?

Est-ce chez ceux qui par souci d’immuniser l’Algérie contre tout extrémisme religieux ou idéologique ou chez ceux qui déclarent la guerre aux convictions  de l’écrasante majorité du peuple algérien       ?

Notre seul « tort » aux yeux des ennemis jurés de l’Association des Oulémas musulmans algériens, c’est de vouloir éviter à l’Algérie des décisions maladroites provoquant de débats houleux au moment où l’Algérie est préoccupée par une crise multidimensionnelle grave.

Il convient  de constater avec amertume qu’après plus d’un demi-siècle d’indépendance, ces prétendues réformes de l’Education commencent à apporter leurs fruits néfastes et amers.

Il suffit de voir autour de nous la francisation des milieux socio-économiques de notre vie, ce qui constitue une défiguration de l’Algérie authentique souillant ainsi  la mémoire de nos Martyrs et l’histoire de nos Moudjahidines.

Il suffit de voir aussi la généralisation de la langue française qui brûle les lèvres de nos enfants au détriment de leur langue maternelle. N’ya-t- il pas là une preuve tangible de l’échec du Système de formation de la société algérienne déviée de son Histoire et de sa culture ?

Il suffit encore de se référer aux statistiques pour souligner le phénomène de l’implantation sauvage des écoles privées francisantes qui poussent comme des champignons ; propageant au sein de nos enfants une culture étrangère à leurs milieux et leur nation pour se rendre compte de la gravité des conséquences de cette aliénation due aux réformes opaques qui visent à dénaturer l’Identité du peuple algérien.

Le constat est donc amer, l’Association des Oulémas est porteuse d’un message clair  et crédible, elle exprime depuis sa fondation les aspirations du peuple Algérien.

Cette Association n’a jamais cessé depuis sa création d’œuvrer  pour préserver  l’Homme algérien  contre toute déviation et l’enraciner dans sa propre culture originelle.

(*) Président de l’Association des Oulémas musulmans algériens