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«Mon Dieu, il me reste encore tant à faire dans Ta Voie !»* Par : Prof Saïd Chibane

Si Abdelwahab au cours des derniers mois de sa vie pourtant si bien remplie attendait de récupérer des forces pour :
– développer et moderniser la Zaouia ancestrale qu’il a fait renaitre à « Ou Kerri » des Beni Yalla.
– Pour contribuer beaucoup plus au relèvement des nombreux défis auxquels est confrontée l’Association des Oulémas.
Et pour la publication en disques numériques et sur papier des contenus de l’Emission hebdomadaire « Lumière du Coran et de la Sunna » sur Canal Algérie de 2001 à 2006 et de l’Emission « Religion et Science » en kabyle durant deux années auxquelles il a grandement participé la première avec les ,Professeurs Amar Talbi, Mahfoud Smati et Saïd Chibane et la seconde avec Cheikh Si Hadj Tayeb et le Professeur Saïd Chibane.
Ces trois actions devaient être menées toujours avec une concertation et une planification rigoureuses. Que Dieu le très Haut nous aide tous à continuer son œuvre.
J’ai du le rencontrer pour la première fois lors de conférences à l’Université d’Alger à la fin de l’année 1968 après ma mutation de l’hôpital de Tizi-Ouzou au CHU Mstapha.
Les rencontres se sont multipliées lors des Séminaires de la Pensée islamique à partir de celui de Meftah en juin 1969 et lors de certaines de ces conférences. Notre collaboration s’est accentuée d’abord lors de la préparation des programmes du premier Institut des Sciences islamiques avec notamment Si Amar Talbi, Ahmed Aroua, Mahfoud Smati et des Spécialistes de Syrie et de Jordanie puis lors du Séminaire de la Pensée islamique à Tamanrasset, sous le bref ministère de Si Boualem Baki en 1979.
Cette collaboration s’est poursuivie pendant le ministère de Cheikh Abderrahmane Chibane de 1980 à 1986 qui l’a nommé Directeur de la Culture islamique puis puis pendant le second ministère de Si Boualem Baki de 1986 à 1989. Au cours de toutes ces années, nos rencontres étaient fréquentes pour la préparation en particulier des Séminaires avec Si Amar Talbi, Si Mahfoud Smati et d’autres universitaires.

(*) Cette prière formulée par le bachelier Laimèche Ali de Tizi-Rached avant de mourir à 21 ans au maquis en Kabylie au début du mois d’aoùt 1946 et rapporté par un témoin aurait pu être aussi celle de Si Abdelwahab Hamouda, Rahimahouma Allah.
Lors du Ministère de Si Boualem Baki, Si Hamouda nous a remis au Pr. Ahmed Aroua et à moi-même, le manuscrit de la traduction du Coran par le Professeur Jacques Berque afin de donner notre avis sur son éventuelle coédition par le ministère et les Editions Sindbad.
Etant donné que le label du ministère signifierait pour le lecteur, que cette traduction était indemne de toute erreur dogmatique, alors qu’à la fin de la préface du texte qui nous a été remis, l’auteur a tenu à préciser que sa résidence était située sur la route de Saint Jacques de Compostelle, l’un des lieux de pèlerinage chrétien les plus importants, et que nous considérons qu’un traducteur du Coran qui ne se convertit pas à l’Islam, manifesterait une certaine incompréhension du miracle coranique , nous avons conseillé de ne pas engager le ministère dans ce projet.
En 1989, alors que nous assistions aux travaux du Séminaire de la Pensée islamique à Tébessa, Si Abdelwahab m’a demandé mon avis sur la proposition qui lui a été faite de devenir ministre Affaires religieuses.
Je lui ai vivement i conseillé d’accepter la proposition connaissant ses convictions, sa compétence, son intégrité et son dévouement à la chose publique. J’ai su par la suite qu’il s’est excusé et a suggéré les noms de Cheikh Abderrahmane et de moi-même.
Après ma nomination à ce poste en septembre 1989, le Dr. Tidjani Haddam, alors Recteur de la Mosquée de Paris, me demanda de libérer le Secrétaire Général du Ministère Si Abdelmadjid Cherif pour le rejoindre, j’ai accepté puis j’ai proposé de nommer Si Abdelwahab à ce poste à sa place.
C’est grâce à sa collaboration et à celle de Si Ahmed Smail, Si Mohamed Salah Amokrane,Si Hamza Idoughi, Si Mokhtar Loumi,Si Ghoulam Allah, Cheik Derar, les frères Al Kassimi, Cheikh Charfaoui Mohamed et bien d’autres frères du ministère que nous avons pu :
-Elaborer et faire adopter les textes de la première loi sur les Habous, et ceux de la Fondation de la Mosquée et celui des Imams.
-Organiser le dernier Séminaire de la Pensée islamique, en décembre 1990, qui a eu pour Thème : «L’économie islamique».
Si Abdelwahab a organisé l’envoi à deux reprises d’un très grand lot d’ouvrages sur l’éducation religieuse à l’intention des Musulmans des ex-Républiques musulmanes soviétiques.
Le second envoi eut lieu lors du voyage à Tachkent que j’ai effectué en septembre 1990 à l’invitation de la réunion des ministres des Affaires religieuses sur l’Imam Tirmidhi avec le regretté Pr. Abderahmane Taleb d’Oran, directeur d’un Centre sur le Hadith et l’auteur d’une Encyclopédie en douze volumes.
Nous avons été chaleureusement accueillis et accompagnés à Tachkent par notre Ambassadeur à Moscou Si Mohamed Hadj Yalla qui s’est chargé de faire parvenir aux différentes Républiques musulmanes d’Asie centrale leur part de ces ouvrages.
Pendant toute cette période de 1989 à juin 1991, la contribution deSi Abdelwahab au ministère a été importante.
Nos relations se sont poursuivies lors de conférences après 1991.
En 2001, Madame Debbeche, Directrice de Canal Algérie m’a demandé de faire une Emission religieuse hebdomadaire d’une heure. C’est ainsi que pendant cinq ans avec Si Amar Talbi, Si Mahfoud Smati et Si Abdelwahab Hamouda, nous nous réunissions trois à quatre fois par semaine pour la préparation et l’enregistrement de l’Emission « Lumière du Coran et de la Sunna ».
Si Abdelwahab a assumé la charge de Secrétaire de rédaction du texte de traduction et son fils Hamza celui de la saisie sur ordinateur pour l’enregistrement avant la diffusion.
Le Centre Culturel Islamique d’Alger, grâce à Monsieur le ministre des Affaires religieuses, le Dr Mohamed Aissa, s’est chargé de la publication de la traduction des 90 sourates diffusées.
Nous espérons que « Canal Algérie », se chargera aussi pour leur préservation de numériser des cassettes vidéo de ces cinq années de travail de notre groupe.
Nous avons assuré avec Si Abdelwahab et Si Hadj Si Mohand Tayeb une Emission hebdomadaire en 2007 à 2009 sur la Chaine deux et relative à la religion et à la Science, en Kabyle « eddine ea’s mousni » et dans laquelle nous avons commenté notamment les versets en rapport avec la science moderne.
Au mois du Ramadhan, un concours sur « le Miracle scientifique dans le Coran » a été et organisé et a eu beaucoup de succès. Quelques unes de ces Emissions continuent d’être diffusées au cours de la nuit de vendredi à samedi.
Il est à observer, que Si Abdelwahab a été vraisemblablement le seul Cheikh de Zaouïa, également Membre du Bureau national et du Conseil consultatif de l’Association des Oulémas.
Le problème des abandons de la Foi, sous l’action des « Missionnaires » , dont l’activité a été critiquée en 1929 par Fynland dans un article paru dans la Revue «Notre Rive», que Cheikh Ibn Badis publia aussitôt après traduction dans trois numéros successifs de la Revue «El Chiha » le préoccupait beaucoup .
Dans ce cadre là, Abdelwahab Hamouda, a participé activement au Groupe de travail de la Commission des Etudes, constituée par Cheikh Abderrahmane Chibane, et présidée par le Professeur Amar Talbi, qui s’est penché sur ce problème et également sur la relance de la Revue du «Jeune Musulman» avec Monsieur Nadir LARDJOUNE (ex-Directeur de la Publication du Journal francophone «EL-BORHANE» et d’autres personnes.
J’ai enfin eu à connaitre de différentes contributions souvent anonymes de Si Abdelwahab à la diffusion d’ouvrages destinés à rétablir la vérité sur l’Islam et à éclairer ceux qui ont pu être victimes de sa falsification.
Il jugeait nécessaire de corriger au fur et à mesure de leur publication les inexactitudes contenues dans les traductions du Coran et leurs introductions en particulier sur l’Histoire du Texte coranique, dans les Biographies du Prophète (QSSSL) et dans la présentation de la Loi musulmane. Un grand nombre de nos concitoyens de l’émigration n’ont d’autres sources d’information sur notre religion que ces ouvrages.
Que Dieu le Très Haut lui accorde, Sa Miséricorde et nous aide ainsi que ses enfants à continuer son œuvre.
S.CH.