Opinion

Que reste -t-il de notre jeunesse ?- Par Abdelaziz Kahil

L’Université, creuset des idées et des grands mouvements sociaux qui écrivent l’histoire est désormais muette, sans couleur, ni odeur, ni saveur. On y mange, on dort, on apprend parfois ses leçons à contrecœur.
Si revendications il y a, c’est uniquement lié à la bouffe, au transport et au dortoir. Hors Université, c’est pire. Rien contre l’ennui et le conformisme.
Aucune présence dans les débats pour les projets de société et les grands thèmes. Mais où sont donc passés le bouillonnement des jeunes, leur enthousiasme, la ferveur censée les animer ?
On ne la voit plus s’enivrer de slogans, encore moins d’actions.
Cela est fondamentalement opposé à l’idée de jeunesse. Lorsqu’elle se confine dans le non-alignement abruti et l’aliénation, c’est la société qui en pâtit. Déconcertés, étourdis, nos jeunes donnent la fâcheuse impression d’être en < dépannage > permanent, en attente d’une hypothétique délivrance. Ils ne se sentent liés à aucune cause. Sans convictions , détachés de la chose publique , ils sont le pur produit du lavage de cerveaux de ce dernier quart de siècle qui a réduit l’homme à un sujet soumis qui occulte le génie et déborde de failles. La vie politique, culturelle et intellectuelle n’est désormais rien de plus qu’une fonction lucrative au service du Prince ; elle a perdu ses valeurs et ses repères. Et rien ne changera sans l’éveil de la jeunesse. Un peu de subversion juvénile est nécessaire autant que la poésie et l’apport scientifique. L’absence des jeunes est plus néfaste que la drogue et autres fléaux. Il faut les écouter, leur donner la parole, leur transmettre l’envie, la réflexion. N’ayons pas peur de les entendre exprimer leurs craintes ou se révolter. Il faut à tout prix les faire bouger. C’est seulement à ce prix que la société bougera.
A.K.