Actualité nationale

L’Université Algérienne va mal- Par Nacer Nadji

LA récente ruée de milliers de jeunes étudiants Algériens et Algériennes désireux d’aller étudier en France a suscité émoi et amertume , mettant en lumière le malaise social dont souffre cette frange de la population et qu’on ne peut appréhender en dehors du cadre sociopolitique général.

En effet,les images diffusées par les médias nationaux, d’une rue bondée d’étudiants ,garçons et filles se bousculant devant l’entrée de l’Institut français d’Alger afin de postuler à une Université dans l’hexagone, ont bouleversé l’opinion public et agacé en haut lieu nos hommes politiques. Ainsi les deux formations politiques en l’occurrence, le Front de Libération National et le Rassemblement National Démocratique par le biais de leurs Secrétaires Généraux respectifs ont expliqué le phénomène par « une invasion culturelle dont l’Algérie est victime et une action planifiée d’une tentative de nuire à l’image du pays ».L’octogénaire Djamel Ould Abbes a même qualifié ces jeunes de traîtres « harkis ».Oubliant que c’est son Parti qui appliquait une politique sectorielle d’envoi des boursiers et gérait le stock des Bourses à sa guise de manière anarchique et clientéliste. Il est vrai que les responsables Algériens ont l’habitude de relativiser toute contre-performances et de concentrer les débats sur tous les éléments d’intendance et de logistique(restauration transport, hébergement, bourse…)ou à la politique du chiffre tel que le taux de scolarité des enfants, le nombre, sans cesse croissant d’étudiants. Les programmes ,le contenu pédagogique et la Recherche Scientifique sont relégués au second plan.
Donc L’ afflux record et inédit , dù certainement à une hausse des inscriptions et à une saturation du système d’inscription en ligne a provoqué un choc tout en dévoilant le désir de ces jeunes étudiants,souvent déjà diplômés,émigrer en France.Cet attrait pour l’éxil témoigne du mal-être de la jeunesse Algérienne qui explique vouloir partir ailleurs pour enrichir des connaissances,et améliorer des compétences ou encore par un diplôme dévalorisé et un marché de l’emploi bouché.Les questions qui se posent maintenant .est ce que le Système de Formation mis en place depuis une décennie répond-il efficacement aux attentes de la société ? répond-il aux soucis de l’employabilité des diplômes ?.

Malgré les budgets faramineux dépensés pour construire des Amphithéâtres,des salles de classes ,des Laboratoires et Cités universitaires.L’Université Algérienne ne cesse de régresser et ne figure dans aucun classement international prestigieux. La meilleure Université arrive au 2341 ème rang.Donc apte à former des candidats à l’exil ou au chaumage. Jadis,durant les années 70-80 l’université était un lieu de rayonnement intellectuel et un terreau du savoir mais aussi espace de contestations et de manifestations sociales et politiques. Aujourd’hui notre Université brille par sa médiocrité et ne s’illustre par aucun mérite scientifique ou académique.

Notre pays doit prendre conscience de son retard et comprendre que L’Education,la Formation et l’Enseignement Supérieur,sont les sources de mains d’œuvres qualifiées,de savoir-faire, d’innovation en termes de Technologie et de Recherche scientifique et sociale. Il existe encore des compétences avérées,qui portent le souci de la Pédagogie,de la transmission du savoir et du développement général de l’Université.