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Hommage à Si Abdelouahab Hammouda – La force de l’exemple Par : Le Pr. Rachid MIMOUNI (sociologue Université Alger 2)

L’Algérie a perdu le 11 octobre 2017 un de ses plus illustres fils et une personnalité ayant marqué la sphère intellectuelle et culturelle musulmane. Le jour de l’enterrement, ses nombreux amis, étreints par une profonde émotion avaient le vague sentiment qu’une époque était révolue.
S’il est un personnage qu’on pourrait qualifier de consensuel dans le champ religieux (et culturel) si âprement contesté en Algérie durant les décennies 70 et 80 et au-delà, c’est bien le Professeur Si Abdelouahab Hammouda. Bien que peu connu dans les Cercles médiatiques vu sa discrétion, il mérite ce qualificatif vu ses qualités personnelles remarquables, son vaste savoir, la chaleur des relations humaines, l’étendue de ses contacts avec l’élite religieuse et intellectuelle et son parcours remarquable au Ministère des Affaires Religieuses.
Il est pour notre génération d’intellectuels un modèle d’exemplarité par son éducation raffinée et équilibrée, sa simplicité, son dévouement et engagement désintéressé et abnégation dans le travail.
Cet hommage rendu à Si Abdelouahab Hammouda est à la fois un témoignage sur l’homme, une réflexion afin de dégager les enseignements à tirer sur une époque synonyme d’une Pensée islamique éclairée, ouverte au dialogue, respectueuse d’autrui. La crise politique des années 90, la radicalisation des positions, la montée des intolérances, de l’anathème et de la violence ont réduit au silence ces voix sages et tous débats.
En plus de qualités intrinsèques indéniables, trois facteurs ont façonné sa personnalité :
1. L’éducation morale et religieuse imprégnée des enseignements de la Zaouia familiale nationaliste Sidi Mohand Oukarri à Bani Yaala (Guenzet, W. Sétif) en Petite Kabylie.
2. Les études bilingues au lyçée Mokrani et à l’Université à Alger qui lui permirent d’acquérir une pensée rationnelle et l’esprit d’ouverture.
3. L’influence majeure du penseur algérien Malek Bennabi (dont il fut un proche disciple) parachèvera ses traits de personnalité et orientera sa vocation.
Dieu l’avait doté d’une grande taille et d’un physique agréable qui lui donnait une élégance raffinée qu’il n’utilisait pas (contrairement à d’autres) pour impressionner son interlocuteur mais pour l’accueillir avec ferveur, il était de par ses qualités humaines aimé et très apprécié. Affable, courtois, discret, d’une grande sensibilité, se dégageait de sa personne une aura.
Ayant une conception élevée des relations humaines, il avait le sens de l’écoute, était un homme de cœur et d’action, un personnage consensuel, adepte du dialogue, de la médiation et de l’arbitrage. Educateur hors-pair, il ménageait les sensibilités, aplanissait les difficultés. Strict sur les principes, très exigeant envers lui-même mais indulgent envers autrui, s’il réprouvait une action, il ne dénonçait pas le fautif en public mais imitait le Prophète Mohammed (Paix d’Allah soit sur Lui) qui corrigeait les comportements par allusion : « que dire d’une personne qui commet ceci, cela aurait été préférable qu’il agisse ainsi…»; toujours souriant, il ne prenait une décision qu’après l’avoir mûrement réfléchie.
Brillant orateur trilingue, il était aussi bien à l’aise dans la discussion avec les adeptes des zaouia, qu’avec les Oulémas algériens et étrangers, les hommes de religion non-musulmans, les intellectuels…, sa ligne de conduite était marquée par la fierté de l’appartenance à l’Islam mais également par le rejet des extrémismes représentant un danger pour l’Unité et l’Avenir du pays (vision prémonitoire). Il symbolisait la synthèse des dimensions de l’Identité algérienne : l’Islam, l’Amazighité et l’Arabe, avantage considérable pour accomplir sa mission.
Le succès des actions qu’il a entreprises furent la résultante de l’interaction entre sa personnalité et la démarche qu’il adopta pour l’exploitation judicieuse des opportunités offertes dans les différents contextes où il se trouvait.
Globalement, nous pouvons qualifier sa démarche (inspirée de Bennabi) de « méthode de fédération, de catalyse et d’orientation des ‘‘jeunes’’ intellectuels universitaires » en symbiose avec les intellectuels dits ‘‘traditionnels’’ et toutes les compétences dans les domaines religieux, scientifique et culturel en vue de concrétiser le projet de développement civilisationnel selon les conditions objectives de l’Algérie en harmonie avec « le sens de l’étape » (tel qu’énoncé par Bennabi), situation marquée par une dichotomie idéologique de l’élite et une forte polarisation autour du projet de développement socialiste doublée d’une segmentarité linguistique (arabophones et francophones) à forte connotation culturelle . Cette méthodologie d’action est similaire à celle que Bennabi appliqua avec les étudiants en Egypte puis en Algérie (dans le cadre de son Centre d’orientation culturel et de ses conférences) ; elle visait le renouveau civilisationnel. Nous pouvons cependant relever trois différences :
1. La structure des intellectuels (ratio élite traditionnelle/ moderne) et l’éventail des spécialités était plus large après l’indépendance : les élites traditionnelles religieuses et littéraires formées dans les Zaouia et les écoles de l’Association des Oulémas versés à l’indépendance dans les secteurs des Affaires religieuses, l’Education, la Justice et l’Administration d’une part, et les intellectuels bilingues et les jeunes universitaires issus du réseau d’Universités scientifiques, technologiques et en sciences humaines et sociales d’autre part .
2. La mise à contribution des Sciences sociales que Bennabi appelait de ses vœux en appoint des sciences religieuses (ex le Séminaire de Sétif -1986 « l’apport des sciences sociales »)
3. L’action de Si Abdelouahab s’est inscrite dans un cadre institutionnel ce qui en démultipliait l’impact mais lui imposait des contraintes et une obligation de réserve (comme Haut Fonctionnaire de l’Etat), accroissant son sens de responsabilité dans la préservation du projet de renouveau civilisationnel « la Sahwa » (thème d’un des Séminaires) de toute action intempestive et irréfléchie.
4. De plus, les différentes dimensions de sa personnalité, sa « neutralité bienveillante mais active » vis-à-vis des différentes tendances et courants et sa position lui permettaient d’établir des canaux de communication avec les différents segments de l’élite « coexistant » dans le champ intellectuel, religieux, culturel et même politique en évolution constante (souvent dramatiquement) et de solutionner discrètement des litiges.
Par son discernement, le Professeur Hammouda a su remarquablement profiter de la « conjoncture appropriée » qui consistait à choisir la meilleure des options offertes et utiliser les ressources spécifiques de notre société dans une phase historique donnée conformément aux circonstances politiques, intellectuelles et sociales déterminant les conditions et les limites de l’action à engager. Pour sa mission, il fut grâce à Dieu, la personne adéquate, au moment idéal, à l’endroit approprié pour accomplir cette mission.
J’ai intégré l’Université d’Alger en 1973 et fut témoin de son action de « polarisation » des jeunes universitaires ; la Mosquée des Etudiants n’était pas un simple lieu de prière mais un lieu de formation intellectuelle, Si Abdelouahab Hammouda en compagnie de Si Rachid Benaissa nous invitait à consulter la Bibliothèque de la Mosquée que fréquentaient des sommités intellectuelles ; à titre d’exemple, j’ai assisté à une réunion en présence du regretté Historien Mahfoudh Kaddache. A la sortie de la prière du vendredi Si Abdelouahab était le « maitre de cérémonie », il accueillait avec ferveur tous les fidèles de tout âge et situation sociale : professeurs, étudiants, fonctionnaires ou simples citoyens…il n’affectait pas un élitisme hautain ; mon regretté père l’estimait beaucoup.
Le Professeur Abdelouahab Hammouda, après un passage à la Faculté des Sciences Humaines de l’Université d’Alger comme enseignant puis Doyen, intégra le Ministère des Affaires Religieuses et dirigea le Département de la Culture Islamique qui supervisait l’organisation des « Séminaires sur la connaissance de la Pensée Islamique » dont il fut le maître d’œuvre de par ses qualités intellectuelles, son sens de l’organisation, sa perspicacité et son efficacité.
Initiée par Malek Bennabi sur la base du constat «que les peuples musulmans (et le peuple algérien) n’avaient pas perdu leur Foi, mais que la religion avait perdu sa fonction sociale » à savoir son efficacité à promouvoir le développement social et économique et l’ouverture sur la rationalité scientifique, conditions indispensables pour réintégrer le cycle civilisationnel des Nations modernes, l’objectif du Séminaire de la Pensée islamique était de réhabiliter l’Islam rationnel (et réduire les tares de l’homme post-almohadien « décivilisé ») et d’en faire un des fondements du développement national multidimensionnel.
Ces Séminaires avaient une dimension nationale et internationale regroupant chaque année, les plus grands penseurs du monde islamique, sans distinction de rites (« madhahib ») : Arabes, Africains, Asiatiques et Européens, et des non-Musulmans et Orientalistes…cette diversité d’opinions stimulait la réflexion et ouvrait de nouveaux horizons.
Ces Colloques eurent lieu successivement dans toutes les régions et villes d’Algérie permettant la promotion des valeurs religieuses et culturelles locales en y consacrant un thème en relation avec l’Histoire islamique ou les spécificités de la région agrémentée d’une visite sur des lieux historiques.
Homme de mission, Si Abdelouahab par sa sincérité, dévouement à la tâche et son magnétisme, galvanisait tous ceux qui collaboraient avec lui. Ses qualités organisationnelles, le choix judicieux de ses collaborateurs et des personnalités scientifiques transformaient le Ministère durant les Séminaires en une ruche.
Il serait utile d’ouvrir un débat serein et de procéder à une analyse approfondie et à une évaluation loin des passions de l’impact des Séminaires de la Pensée Islamique (une étude encourageante existe). Les thèmes étaient profondément liés à l’actualité et centrés sur les modalités d’application et se répartissaient entre les domaines :
– Religieux (ou « fikhi » jurisprudentiel) : Le Coran, la Sunna, al ijmaa, le Taçawwouf, l’effort d’interprétation (al ijtihad) et le taqlid…
– Académique et culturel : Pensée et Histoire, l’apport des Sciences Sociales, l’invasion culturelle, la Sahwa islamique…
– Social, économique et politique : la femme, la jeunesse, la famille, la société musulmane contemporaine, l’économie islamique…
On peut relever le souci majeur de développer la Pensée Islamique sur des thèmes innovateurs minutieusement préparés présentant un mélange judicieux de préoccupations en rapport avec des sujets d’actualité concernant l’Etat et la société et cela sans concession.
Nous pouvons illustrer cela en démontrant que la paire composée des regrettés Si Mouloud kassim (Ministre des Affaires Religieuses) et Si Abdelouahab Hammouda sut concilier les exigences de l’Islam tout en répondant aux préoccupations du développement du pays : au cours du Séminaire de Annaba (1976), un des axes était consacré aux « dimensions spirituelles, politiques, économiques et sociales des obligations religieuses (ibadates) » où fut traitée la proposition de dispense du jeûne du Ramadhan pour les travailleurs des haut fourneaux du complexe sidérurgique d’El Hadjar ; Voici la déclaration de Si Hammouda qui interpela les Oulémas tout en invitant l’Etat à se conformer aux prescriptions de l’Islam : « La question est de savoir si l’on veut soumettre la production (économique) à l’Islam ou l’inverse…nous avons un problème urgent à solutionner, les travailleurs exposés à la chaleur très élevée des hauts fourneaux durant le Ramadhan, nous demandons aux Oulémas d’émettre un avis cette fois-ci à une condition, celle de ne pas soumettre à chaque fois les dispositions de l’Islam aux exigences… et que l’Etat agisse sincèrement afin de soumettre sa production et ses activités conformément aux Principes de l’Islam »
Il est pertinent d’évoquer les conditions de préparation des Séminaires après l’ouverture démocratique (recomposition du champ politique, médias, associations et société civile) suite aux évènements du 5 octobre 1988. Différents Mouvements antagonistes s’opposaient sur le rôle de l’Islam dans la société et de nouvelles fractures idéologiques apparurent. Rompu avec la lutte idéologique développée par Malek Bennabi, et subie durant ses années à l’Université, Si Abdelouahab Hammouda constata le début du dévoiement de la Sahwa (ainsi que le regretté Ministre Boualem Baki) ; ils optèrent pour un Islam serein, ouvert et rationnel pressentant tous les dangers d’une manipulation de la religion et ils insistaient sur la nécessité de clarifier le Message de l’Islam et de suivre la voie médiane du dialogue durant les réunions du Comité scientifique de préparation des Séminaires de la Pensée islamique (dont j’ai eu l’honneur d’être membre pendant les trois dernières années) et qui était composé de personnalités remarquables connues pour leur nationalisme et leur pensée rationnelle comme les Professeurs Ahmed Aroua, Saïd Chibane, Ammar Talbi, Mahfoudh Smati, Larbi Demaghelatrous, Mohammed Benredouane, Abderrazak Guessoum, Abdelkader Fodhil. Certains représentants des Partis politiques algériens étaient conviés aux Séminaires afin d’exposer leur conception (Séminaire de Tébessa,1989 auquel participa Nejmedin Arbakan le père spirituel du Président Turc Erdogan) ; mais malheureusement, la crispation et la bipolarisation du champ politique et social aboutirent au scepticisme et au rejet : certaines tendances récusaient toute action entreprise par l’Etat et d’autres reprochaient aux Séminaires d‘être une des causes de l’intégrisme.
Nous pouvons évoquer quelques facteurs ayant contribué à leur succès et leur pérennité (de 1969 à 1991) :
– Prestige acquis par l’Algérie et sa Révolution, renforcé par sa politique étrangère et sa stabilité.
– La parfaite organisation du Séminaire par une administration compétente composée de cadres de haut niveau et dévouée dont Hammouda fut le maitre d’œuvre (en synchronisation avec les Wilayas d’accueil qui en retiraient un prestige symbolique). Il consultait également les Oulémas des Conseils Islamiques et autres Personnalités religieuse et intellectuels renommés.
– L’engouement des étudiants, lycéens, intellectuels, cadres … pour les communications de conférenciers venus du monde entier débattre de la Pensée islamique.
– La haute stature intellectuelle et l’intégrité des différents ministres des Affaires religieuses : Mouloud Kassim, Chibane abderrahmane, Boualem Baki, Said Chibane, Mohammed Benredouane…avec l’assentiment des hautes autorités de l’Etat qui voyaient leur légitimité renforcée.
– Le choix de Thèmes importants et pertinents…
Il est utile de rappeler qu’une des « victimes » les plus marquantes de la montée des extrémismes des décennies 80- 90 fut le courant de l’Islam modéré (frappé d’ostracisme et soumis au blocus) et que maintenant paradoxalement on appelle de tous nos vœux.
Certains rappellent que la tolérance dans les civilisations a connu son apogée en Andalousie musulmane qui demeure une Référence universelle ; d’autres évoquent avec nostalgie « l’Islam de nos ancêtres » (que certains décriaient avant comme réactionnaire). Cependant comme modèle d’application viable, il ne doit pas être désincarné ou anachronique mais s’enraciner concrètement dans nos réalités culturelles et sociales d’aujourd’hui. Plusieurs variantes de cette synthèse existent, Si Abdelouahab par ce qu’il symbolise en est une option majeure. Georges Gurvitch affirme que les « symboles sociaux » jouent un rôle important dans la société et la culture, forgent les valeurs et orientent l’action des hommes.
Par la même occasion, il ne serait que justice de rendre hommage à ces Professeurs et intellectuels, qui avec courage (en pleine crise) initiaient à l’Islam et prônaient dans les radios et journaux (francophones) la voie médiane comme Cheikh Bouamrane, Tahar Gaid, Zahir Ihaddaden, Ahmed Aroua, Mahfoudh Smati, Cheikh Lamrani, Abdelouahab Hammouda, Messaad Ziane, Mustapha Chérif, Rachid Akkache, Smail Boudechiche, Maamar Atatfa, Messaoud Boujenoun,Mouloud Aoudjehan, l’auteur de ses lignes…
En charge de la Culture islamique, le Professeur Hammouda transforma les Centres Culturels Islamiques en foyers de rayonnement intellectuel en y invitant des Personnalités comme Maurice Bucaille, Wilfried Mourad Hoffman (ex ambassadeur converti à l’Islam de la République fédérale d’Allemagne) …Concernant le volet médiatique, il choisissait soigneusement et orientait les personnes qui présentaient les causeries religieuses.
Bien que sa mission officielle s’acheva avec l’interruption des Séminaires de la Pensée islamique en raison des extrémismes de tous bords, de l’irruption de la violence et la réorientation des priorités du ministère des Affaires religieuses vers la récupération du contrôle sur les mosquées et la redéfinition du discours religieux, Si Abdelwahab Hammouda, très affecté par la crise, se consacra cependant à d’autres activités éducatives, religieuses et scientifiques dont la supervision de la Zaouia familiale et les causeries religieuses en français, arabe et tamazight en particulier avec le Pr Said Chibane (dernier érudit encyclopédiste en Algérie) ; Pr. Hammouda fut pendant quelques années le coordonateur des causeries religieuses en français du Ramadhan sur la Chaine de Télévision nationale « Canal Algérie ».
Pleinement engagé dans l’action publique au titre de Haut Fonctionnaire de l’Etat, il a su servir habilement à la fois son pays, l’Etat, son peuple et sa religion ; il avait le sens élevé de sa mission et accomplissait avec conscience sa tâche professionnelle (dans le sens « bennabien » de « servir comme obligation morale et non de se servir à des fins personnelles»). A ce titre, il refusa par pudeur (vu son éducation mystique) les honneurs qu’il avait mérités, dont le poste de Ministre des Affaires Religieuses qu’on lui avait proposé en 1989 avec insistance, appréhendant sans doute les contraintes de la charge dans une Algérie en crise bien qu’il était probablement un des seuls qui pouvait dialoguer avec les représentants de toutes les tendances religieuses (et politico-religieuses) vu le respect et la crédibilité dont il jouissait et son tempérament conciliateur et rassembleur.
Si Abdelouahab, tu as par ton action exemplaire contribué à l’édification morale et intellectuelle de toute une génération qui adhère à ta conception d’Islam de savoir, d’ouverture, de fraternité et de tolérance. Tu nous a appris qu’à chaque étape décisive dans l’Histoire d’un peuple il faut savoir analyser le contexte, utiliser avec lucidité les opportunités qui se présentent et choisir la meilleur option d’action ; le regretté Jacque Berque avait mentionné que le Coran prônait l’« édification propagatrice de modèles » positifs, telle était ta démarche ; tu resteras un modèle et une source d’inspiration et d’orientation pour nous et notre jeunesse pour son action future; Rahimaka Allah .
R.M.