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Mon témoignage – Par : Pr.Ammar Talbi

L’association El Quiyyem (valeurs), est une association culturelle qui avait comme objectif, de diffuser le savoir juste dans le domaine religieux et promouvoir les valeurs morales.
A ma connaissance, l’idée de la création de cette Association, est du Dr El Hachemi Tidjani, qui avec Zahir Ihaddaden, Kessar et Fqih,ont été les membres fondateurs.
Au début de l’année 1964, j’ai adhéré à cette association, et je fus désigné au poste de secrétaire général.
D’autres personnalités religieuses et scientifiques se sont rejoint à nous, je peux citer, notamment, Cheikh Ahmed Sahnoun, Cheikh Abdelatif Soltani, Cheikh Omar Arbaoui, Cheikh Mesbah, Ahmed Bouda, Mokhtar Aniba, Rachid Benaissa, Abdelwahab Hamouda…
Mokhtar Aniba, était chargé des publications de l’Association, la revue Al Tahdib El Islam (Humanisme musulman), qui paraissait périodiquement en arabe et en français.
L’essentiel des activités de l’Association consistait à animer des conférences et des meetings culturels.
Un des plus importants meetings organisés, fut la réunion au siège de l’Union des travailleurs Algériens, qui de par la présence remarquée de Mohamed Khider, a attiré l’attention des « politiques » sur notre Association.
Suite a cette réunion, Ahmed Medeghri, alors ministre de l’intérieur, convoqua El Hachemi Tidjani, pour fournir des explications concernant la présence de Khider.
Le siège de l’Association était au Nadi EL Taraqui , qui fut le siège, depuis sa création , de plusieurs associations historiques.
L’Association activée essentiellement à Alger, et n’eut pas le temps d’étendre ses activités en dehors de la capitale.
D’autant plus que l’Association fut dissoute, par le président Boumediene en 1966, à cause d’une correspondance que nous avons adressée aux autorités Egyptiennes, demandant le président Nasser, de ne pas exécuter le jugement de peine de mort, infligée à Sayyed Kotb.
Ce fut qu’un prétexte, car cette correspondance, fut envoyée au temps de la présidence de Ben Bella, qui n’avait entrepris aucune démarche pour dissoudre notre association, d’autant plus que El Hachemi Tidjani, avait de très bon rapports avec Abdelmadjid Meziane, qui occupait le poste de chef de cabinet du président Ben Bella.
La réalité est qu’après l’éviction de Ben Bella par Boumediene, les communistes algériens, très influents à l’époque, ont pu influencer le nouveau président, l’amenant à dissoudre notre Association.
Concernant, El Hachemi Tidjani, je l’ai rencontré pour la première fois à Tlemcen en 1963.
Je venais de me marier, et j’entrepris un voyage à Tlemcen ou je fus convié avec mon épouse à une réception organisé par Mokhtar Haddam et dans laquelle étaient présents El Hachemi et son épouse.
En novembre 1963, en étant nommé maitre assistant à l’université d’Alger, mes relations avec El Hachemi se sont renforcées, il occupait alors la fonction de secrétaire général de l’université.
En 1982, je fus nommé directeur de la faculté des sciences islamique et El Hachemi faisait partie du corps enseignant.
Le Professeur Tidjani, avait auparavant, soutenu sa thèse de Doctorat à la Sorbonne, sur l’Abrogeant dans le coran (Nassekh).
A sa mort en 1992, j’ai pu obtenir de sa famille, plus d’informations sur El Hachemi, ce qui m’a permis de rédiger un article nécrologique sur le défunt publié dans une revue algérienne.
Enfin, je tiens à rappeler que El Hachemi Tidjani, écrivait dans le journal El Bassair , l’organe officiel de l’Association des Oulémas Algériens, et il signa aussi quelques articles parus dans le journal francophone de l’Association « Le Jeune Musulman.
Il fut ainsi le digne fils d’Ahmed Tidjani, qui était un grand savant, conseiller du roi du Maroc Mohamed V, et qui conseilla vivement le roi avant son exil forcé, de résister fermement aux menaces Françaises.
Le roi du Maroc, dira plus Tard, au père d’El Hachemi : tu étais le seul qui me conseilla de ne pas fléchir devant les pressions françaises.
El Hachemi, fut fidèle à a religion sa patrie, et sa langue Arabe.
Paix à son âme.
A.T.