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Oubli, faute et contrainte sont pardonnés Par : Mostafa Brahmi

Ibn ‘Abbâs rapporte que !’Envoyé de Dieu(QSSL) a dit :
« Dieu, en ma faveur, a pardonné à ma Communauté [les péchés commis par] la faute, l’oubli et ce dont ils ont été contraints de faire. »
DROITS DE DIEU ET DROIT DES HUMAINS
Dieu, dans Son amour pour l’ultime Prophète(QSSL), S’est voulu largesse, bonté et générosité.
En effet, si la faute commise intentionnellement, en vue de désobéir frontalement, est condamnable et mérite sanction de la part de Dieu, cela ne sera pas le cas pour celui qui commet un acte délictueux, transgressant par là même l’Ordre divin, si l’acte a été commis sous l’emprise de la faute, de l’oubli ou de la contrainte. Il dit : « Nul blâme sur vous pour ce que vous faites par erreur, mais vous serez blâmés pour ce que vos cœurs font délibérément. Coran (Les Coalisés 33/5)
Il faut cependant comprendre que le pardon dont il s’agit ici, est celui de Dieu relatif à Ses droits. Dans les choses de la vie, il y a en général les droits de Dieu et/ou les droits des hommes. Le Hadith concerne les droits de Dieu. Quant aux droits des hommes, si l’acte délictueux les a transgressés, la réparation des dommages reste due à l’ayant droit. C’est ce que l’on appelle la responsabilité civile.
Ainsi, si l’homme, par mégarde, oubli ou contrainte, a attenté aux biens d’autrui, il est responsable des dommages engendrés à ces biens, et s’en porte garant. Il a alors obligation de réparer. Mais, auprès de Dieu, nul reproche ne lui sera fait.
Tuer sans droit est très grave aux yeux de Dieu et auprès des hommes. Mais si cela a été commis par erreur, comme lors d’une chasse par exemple, la personne est pardonnée de la part de Dieu, mais doit réparer légalement le dommage, par le prix du sang (diyya) et l’expiation (deux mois continus de jeûne) 161 • La famille de la victime peut aussi pardonner et ne pas exiger le prix du sang, c’est ce à quoi encourage vivement le Coran (4/92).
Celui qui n’accomplit pas la prière en son temps par oubli, sommeil pesant ou contrainte sera pardonné pour avoir retardé son obligation, mais doit absolument rattraper sa prière une fois réveillé. L’obligation demeure.
L’OUBLI ET LA FAUTE
1. Si l’oubli ou la faute concerne une obligation de faire (amr), cette dernière reste due. À l’exemple de la prière donné plus haut.
2. Si l’oubli ou la faute concerne une obligation de ne pas faire (nahy), mais qui n’a pas entraîné des dommages à une tierce personne, il n’y a rien à réparer civilement. Comme par exemple une personne qui a consommé une boisson de prime abord licite, mais qui s’est révélée par la suite enivrante. Dans ce cas, il n’encourt aucune peine ni réparation. De même, le pèlerin en état de sacralisation (ihrâm) qui met du parfum ou met des habits normaux par oubli, n’a rien à réparer ; il continue dans son état de sacralisation.
3. Si l’oubli ou la faute concerne une obligation de ne pas faire (nahy), mais qui, cette fois, a entraîné des dommages à une tierce personne, la réparation des dommages reste due.
L’oubli fait pardonner l’erreur à la condition que la personne n’ait pas participé à l’oubli de manière active. Si elle le fait, le péché est commis, et la réparation reste toujours due. À l’exemple de l’erreur commise par négligence et/ ou non diligence dans la prise de décisions nécessaires. Par exemple, celui qui a vu une tache impure sur ses vêtements, et sachant qu’il doit aller faire la prière, n’enlève pas la tâche, finit par l’oublier et entre quand même en prière. Après coup, quand il se rappelle de la souillure sur son vêtement, il doit l’enlever et refaire sa prière.
LA CONTRAINTE
On peut subdiviser la contrainte selon qu’ils’ agisse d’une contrainte de faire ou de dire.
Concernant la contrainte de faire, elle peut, elle aussi, être divisée en deux catégories :
1. Une contrainte supportable de telle façon que la personne puisse refuser de faire ce dont on veut la contraindre. Si cette personne exécute l’ordre, elle doit alors supporter le fardeau de son action auprès de Dieu et des hommes. Le Hadith ne s’applique pas dans ce cas.
2. Une contrainte insupportable qui ne laisse à la personne forcée aucune possibilité de refuser de s’exécuter. Deux cas se présentent alors: « Si on veut contraindre l’individu de tuer, de forniquer ou de frapper, ses parents en particulier, alors il ne devra pas s’exécuter dusse-t-il mourir pour ce faire. S’il s’exécute, il est pleinement responsable de ses actes. Il ne peut sauver sa vie par la vie des autres. Il ne peut commettre de fornication aussi. La place des parents est trop importante et trop élevée pour que la personne s’exécute. Ainsi, personne n’a le droit d’attenter à la vie d’un innocent pour sauver la sienne, ni même de dérober ses biens ou de violenter sa pudeur, dut-il payer son abstention par sa propre vie».
Dans les autres cas, le pardon de Dieu lui est assuré. Et concernant une éventuelle responsabilité civile à assumer concernant des dommages occasionnés, les savants sont divisés sur ce point.
Lorsque la contrainte concerne les paroles, le Hadith s’y applique pleinement, c’est-à-dire que la faute auprès de Dieu est excusée. À l’exemple du Coran qui dit : « Quiconque renie Dieu après avoir cru – sauf celui qui y a été contraint alors que son cœur demeure fidèle à la Foi ». Coran (Les
Abeilles 16/ 106).
Ce verset a été révélé concernant l’emprisonnement du Compagnon ‘Ammâr Ibn Yâsir par les Mecquois. Ligoté à un arbre, il fut torturé, ainsi que ses parents qui furent tués sous ses yeux. Il fut ensuite contraint par ses tortionnaires d’insulter le Prophète(QSSL) et de renier l’Islam. Ce qu’il fit. Puis, une fois libéré, il alla voir le Prophète(QSSL) pour lui raconter son histoire. Le Prophète lui demanda alors : « Mais, en disant ces paroles, comment trouvais-tu ton cœur ? » Il lui répondit : « Ô Envoyé de Dieu, toujours pleinement croyant!» Le Prophète lui dit alors : « Alors, s’ils recommencent, tu peux toi aussi recommencer! » .
Pas de faute ainsi pour un croyant soumis à la torture des infidèles, s’il se trouve obligé de renier sa Foi, afin d’échapper à leur violence. Il en est de même de celui que la nécessité de la faim porte à manger des aliments défendus. Même le fait indigne de la prostitution est pardonné si la femme y a été contrainte par une personne despote.