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L’alternative islamique/ Abdelaziz KAHIL

KAHILDésarmés face à la crise financière qui a fait vaciller le monde, des milieux universitaires et politiques occidentaux éminemment responsables n’ont  pas hésité  à déclarer la faillite du modèle capitaliste fondé sur l’usure et qui a montré – sans appel –  ses limites et ses carences et préconisé l’adoption du modèle islamique dans l’économie et la gestion monétaire. C’est là  une occasion inespérée  que les musulmans doivent  saisir pour présenter leur alternative non seulement économique mais civilisationnelle,  susceptible de sauver l’humanité d’un désastre imminent qu’elle ne nie d’ailleurs plus .Il est par conséquent nécessaire d’expliquer, de débattre, d’argumenter pour convaincre que la solution islamique est là, qu’elle est fiable et crédible mais que c’est une recette globale et homogène dont les  avantages ne sont visibles que lorsqu’on en fait une approche intégrale en tant que religion et perspective offrant toutes les occasions d’une vie digne à l’humanité. L’être humain y est perçu dans son ensemble (pensées, émotions et comportements) ainsi que tous les segments de la vie sans exception, ce qui inclut  systématiquement aussi bien l’éducation que  la sociologie, la politique, l’économie, le droit, l’art et les relations internationales. C’est dire qu’on est très loin de tout bricolage idéologique ,politicien ou purement  pragmatique. La vision islamique est une conception divine qui requiert avant tout la confiance de l’homme en toute conscience et foi. Si l’occident – ou ses disciples émerveillés dans nos contrées pétries de mimitisme – ne se libère pas de sa suffisance et de son arrogance , l’alternative islamique ne lui sera d’aucun secours dans un domaine précis, l’économie ou la monnaie en l’occurrence. L’Islam n’est pas une pièce de rechange mais un dogme dont les valeurs doivent être reconnues et confrontées au quotidien des gens de façon intersecte.
L’éducation- par exemple et qui y occupe une  place prépondérante et primordiale – est un processus multiforme et continu qui englobe les connaissances  religieuses, scientifiques et mondaines, développe aussi bien les cœurs que les sens. La mosquée et l’école sont des lieux d’éducation, d’enseignement, de culture et de civisme ,chacune des deux ayant ses spécifités et ses programmes mais tendant vers la même finalité: une  vie de communauté et d’humanité forgée sur les principes de justice (dans la gouvernance et la répartition des richesses, notamment) , la fraternité effective et pas seulement  théorique ou abstraite, basée sur la bonne entente et la coopération et qui évacue la lutte des classes et autres confrontations sectaires, de liberté et d’éthique qui régente en tant qu’acte politique, social et religieux l’activité des gens et des institutions dans tous les domaines pour bâtir un projet de société articulé sur la stabilité et à la prospérité. La choura y occupe une place centrale. Cette choura assume les avantages de la démocratie et dépasse autant que possible ses faiblesses et ses tares. Elle permet à tous de participer à la vie de publique dans le cadre du respect de la différence d’opinion et d’idées avec pour référence le Coran et la Sunna .
Ces règles établies, on peut trouver dans la référence islamique la réponse aux questions économiques et faire face aux défis de la mondialisation et ses effets pervers qui entravent l’épanouissement de l’homme et le circuit  économique à divers niveaux. L’usure est prohibée car elle est la cause essentielle de l’augmentation des coûts de production, ce qui entrave la consommation et l’investissement. Le capital à lui seul n’est pas le nerf de l’économie ;il ne peut engendrer des bénéfices qu’assujetti au travail, c’est-à-dire à l’effort .
  Je ne donne là qu’un bref aperçu des principales caractéristiques de l’alternative  islamique qui ne peut impressionner l’occident  que lorsqu’ils la verront effective chez les musulmans eux-mêmes.
                                                                           Abdelaziz KAHIL