Actualité nationale

KIDNAPPING ET ASSASSINAT D’ENFANTS / Nadir LARDJOUNE

KSelon des informations rapportées par certains médias nationaux (presse écrite et télévisions), la liste des assassinats d’enfants ne cesse de s’allonger. Presque chaque semaine, des kidnappings d’enfants sont signalés un peu partout à travers le territoire national. Ces rapts d’enfants sont le plus souvent suivis de meurtres. COMMENT EXPLIQUER CE PHÉNOMÈNE ? Nous pensons qu’il serait plus utile d’examiner d’abord la situation sociale de l’enfant algérien, en faisant «parler» quelques chiffres. – Il y a 20 000 enfants qui sont livrés à eux-mêmes. – L’Observatoire des droits de l’enfant indique que 3000 à 5000 enfants naissent chaque année sous la triste appellation  de x. – 15000 enfants passent devant les tribunaux pour divers délits. – 350 000 enfants travaillent au noir. – Et 50 000 enfants sont mal traités. L’examen attentif de ces chiffres donne froid au dos, plus particulièrement, celui relatif aux enfants nés sous x. Ce nombre d’enfants illégitimes est effrayant, d’au- tant plus que cela se passe dans un pays musulman. Par ailleurs, ce chiffre aussi démontre de manière indiscutable que la société algérienne s’éloigne de plus en plus  de ses repaires civilisationnels ; qui jadis faisaient office de balises indiquant les barrières à ne pas franchir pour ne pas commettre les actes illicites; ou fouler aux pieds les valeurs morales et religieuses codifiant et régissant  les sociétés musulmanes. Cette amère réalité nous renseigne également que notre société s’est égarée spi- rituellement et inévitablement, beaucoup de ses enfants évoluent à présent dans un milieu social plein de scories libertines et de déchets de la culture occidentale avec tout ce que cela en découle comme consé- quences dramatiques, pour nos jeunes. LES MOBILES DE CES ASSASSINATS Les mobiles de ces assassinats varient généralement d’un cas à un autre, selon les faits rapportés par la presse nationale. Néanmoins,  les mobiles du meurtre peuvent être cernés comme précisé ci-après. 1. Parfois, l’enfant est assassiné par l’un de ses propres parents, aussi étrange que cela puisse paraitre – Pour des motifs
d’héritage – Par vengeance (Le père étant en litige avec quelqu’un de son voisinage) – Par des obsédés sexuels – Par des drogués. En général, ce sont ces mobiles qui reviennent le plus souvent dans les hor- ribles assassinats d’enfants auxquels nous assistons impuissamment depuis quelques temps. Ce phénomène est en train de terro- riser réellement beaucoup de familles algé- riennes, sans compter les multiples désa- gréments, les pénibles dérangements et les pertes de temps qu’il occasionne à la société. En effet, beaucoup d’enfants ont abandonné ces temps-ci les écoles co- raniques, faute d’accompagnateurs. D’autres adolescents ont cessé d’aller à la mosquée, empêchés par leurs pa- rents. Un nombre non négligeable de femmes travailleuses accompagnent leurs petits à l’école avant de regagner les lieux de leur travail. Comme nous le constatons, ce phénomène a réelle- ment perturbé et effrayé les familles. LES CAUSES DE CE  FLÉAU A notre avis,  ce n’est par la langue de bois de certains démagogues endurcis; que l’on arrivera à résoudre ce phéno- mène, en sachant pertinemment que ce fléau est la conséquence logique de la conjugaison de certains facteurs que l’on peut résumer comme suit: 1. Les représentants de l’Etat sont dé- mobilisés à tous les niveaux, et donnent la nette impression  que la question de l’ordre public et la sécurité des citoyens semblent  être le dernier de leurs soucis. 2. La prison par son « confort» a cessé d’être la vraie sanction  ou puni- tion des criminels de tous les genres. 3. La justice n’est pas indépendante avec tout ce que cela en découle comme de fâ- cheuses conséquences, et parfois, elle nous déroute en sanctionnant le voleur d’une simple poule plus que celui qui vole une grosse et grâce vache de plusieurs quintaux. 4. La femme s’occupe de moins en moins de la noble mission qui consiste à éduquer, à préparer  et façonner les grands hommes de demain. Hélas, elle préfère remettre ses petits à la crèche et n’entre au foyer conjugal qu’à la tombée de la nuit. 5. La famille  n’éduque plus les siens, sous prétexte que c’est  à l’école de s’en occuper. 6. L’école, pour diverses raisons, elle ne « forge » plus les grands hommes de demain, en arguant elle aussi, que cela relève de la compétence de la famille et de la société. 7. La prolifération des jeux de la vio- lence (CD et film-vidéos). 8. Les Séries de dessins animés (diffu- sées par  la télévision) ne sont pas aussi innocentes, comme semblent le penser cer- tains laïcs ; déguisés maladroitement en mo- dernistes.  Ces dessins animés véhiculent souvent des « déchets » culturels propres à une autre civilisation, cultivent sournoi- sement  l’instinct sexuel,  piétinent ou du moins banalisent les valeurs morales… Comme nous le constatons dans cette modeste analyse, dans de telles  condi- tions, les enfants évoluant dans un mi- lieu social pareillement à celui décrit ci-dessus peuvent devenir  facilement les criminels de demain, faute d’avoir  bénéficié de l’enseignement des  valeurs qui soient en mesure de les immuniser contre le mal, la haine de l’autre, l’égo- ïsme, l’individualisme réducteur,  les scories libertines, bref, contre tous les actes ou actions que la morale repousse. LA SOLUTION La meilleure solution doit être arrêtée par des compétences multidisciplinaires avérées et le pilotage de cette opération doit revenir aux Experts,  Spécialistes, Educateurs, Criminologues, Psychiatres, Psychologues, Juristes, Sociologues, Défenseurs des droits de l’homme …  Cependant, les recommandations de  cet aréopage de Spécialistes et d’Experts devront être conjuguées impérativement  aux avis des Oulémas de la religion, pour qu’elles ne soient pas  en porte-à-faux avec les prescriptions divines, d’autant plus  que  l’attachement à la Corde divine facilite  aux humains la recherche de la clé, qui peut  ouvrir la porte donnant accès aux solutions salutaires  tant souhaitées. N.L.