Actualité nationale

SONATRACH DÉPRÉDATION ET DÉLIT DE GESTION/ Nacer NADJI

sonat Aujourd’hui, c’est la crise d’une gestion qui est subventionnée. Crise qui sévit dans le secteur des hydrocarbures, poumon économique qui demeure une vache à traire par excellence pour des gestionnaires véreux, incompétents, faisant de nous la risée de la planète.

LES SCANDALES DÉNUDENT LA SONATRACH

Dans tous les pays du monde où l’encrage de la démocratie n’est plus à démontrer, on entend très souvent cette phrase «Je paie mes impôts». C’est l’affirmation même de la citoyenneté et «la carte» qui donne droit de regard sur les dépenses publiques qui ont un impact significatif sur l’économie et sur l’individu. La gestion donc, d’une entreprise publique ou d’une société nationale constitue un véritable défi car le caractère «public» de la société lui commande d’être toujours à la recherche de l’intérêt général. Sonatrach, Compagnie nationale algérienne d’envergure internationale, clé de voûte de l’économie et acteur majeur de l’industrie pétrolière est éclaboussée, comme toujours, par
des scandales de toutes sortes. Le dernier étant l’implication de hauts dirigeants dans des faits à caractère pénal et plus précisément de corruption. Décidément, s’il n’y avait pas eu ce dernier incident au sujet de l’Eni-Saipe, «Le feuilleton Sonatrach 2» n’aurait pas vu le jour. Opacité légendaire qui fait la force de nos voleurs au sommet de l’Etat et dénoncée par (l’international Budget Partnership) dans son enquête qui a abouti aux conclusions qui n’étonnent d’ailleurs personne: «L’Algérie est peu loquace et coopérative lorsqu’il s’agit de transparence budgétaire». La décision du parquet de s’autosaisir de l’affaire  pour faire la lumière sur ces scabreuses affaires touchant des dignitaires du régime jouissant jusqu’alors d’impunité n’a pas été accueillie avec enthousiasme par la classe politique et les médias nationaux, et pour cause, car d’aucuns savent que la justice algérienne cherche encore le chemin de son indépendance et n’est pas en mesure de dévoiler tous les tenants et les aboutissants des transactions douteuses, loin de toute influence. Les scandales de l’affaire KHALIFA, celui de l’Autoroute Est-Ouest, de la Générale des concessions agricoles et bien d’autres impliquant des responsables politiques qui se rem- plissent les poches et les comptes à l’étranger n’ont pas fait réagir la justice et le Parlement. GABEGIE ET  DÉTOURNEMENT Les pouvoirs politiques ont décidé récemment de fouiller dans les poches des Algériens pour financer à coups de mil- liards des clubs de foot  qui ne garantissent aucun retour sur investissement. Ordre a été donné au patron de SONATRACH de racheter quatre clubs, le MCA, le CSC, le MCO  et la JSS, en précisant que cette décision est juste et irréversible. Tandis que SONATRACH achète des clubs de football, le gouvernement, lui veut acheter la paix sociale par des promesses.
SONATRACH DÉPRÉDATION ET DÉLIT DE GESTION
Aujourd’hui, c’est la crise d’une gestion qui est subventionnée. Crise qui sévit dans le secteur des hydrocarbures, poumon économique qui demeure une vache à traire par excellence pour des gestionnaires véreux, incompétents, faisant de nous la risée de la planète.
Le citoyen algérien, lui, et notamment ces 9% de chômeurs de 2013 à en croire le premier ministre n’auront ni le beurre ni l’argent du beurre car la supercherie est de leur faire miroiter un pays de l’opulence retrouvée comme une forme de chantage contre toute velléité de revendication de démocratie, de dignité, des droits de l’homme. Est-il juste tout compte fait, de donner les mamelles de SONATRACH aux seuls dirigeants et joueurs de football pour téter ses milliards ? Ne serait-elle pas mieux inspirée et plus sérieuse d’utiliser ses fonds sociaux pour donner un plus à ses ouvriers et à ses retraités? ne ferait-elle pas œuvre utile  à aider à la construction de salles de proximité dans des quartiers déshérités? Et pourquoi ne s’intéresse-t-elle pas à ses jeunes chômeurs, frustrés qui voient l’injustice par- tout et qui trouvent qu’il est plus aisé de décrocher un diplôme universitaire qu’un emploi? Il n’y a aucune raison pour que  la SONATRACH qui est une entreprise qui appartient à la communauté nationale sou- tienne des clubs de football et se voit ainsi obligée de verser des sommes faramineuses. En effet, de nos jours, et pour chaque saison, les clubs essaient d’obtenir d’avantage d’argent, d’appartements, de voitures, prise en charge (voyages, soins à l’étranger, cadeaux de valeurs ). Le montant des primes de signature allouées aux joueurs ne cesse de grimper. On ne parle plus maintenant de mil- lions, mais de milliards lorsqu’il s’agit de prime annuelle. Faire revenir les clubs sous le
giron des entreprises publiques? Dispositif quasi identique à celui des années 70-80 lorsque le secteur privé étant trop faible, le financement du football reposait intégralement sur l’argent publique par le canal des entreprises d’état. Ce que l’Etat ne voit pas d’un mauvais œil, lui qui a l’habitude, juste- ment de subventionner tous les produits touchés par la rareté. Aujourd’hui, c’est la crise d’une gestion qui est subventionnée. Crise qui sévit dans le secteur des hydrocarbures, pou- mon économique qui demeure une vache à traire par excellence pour des gestionnaires véreux, incompétents, faisant de nous la risée de la planète. Richesses nationales, faveurs du bon Dieu, récupérées par le peuple algérien au prix du sang versé par nos valeureux martyrs  qui aspiraient à l’indépendance, à la liberté, au droit et à la justice sociale et pour lesquels LARBI BEN M’HIDI maudissait sa misérable chair qui risquait de le trahir devant ces tortionnaires, sont aujourd’hui entre les mains de certains escrocs, prédateurs, sans scrupules, ayant vendu leur conscience et leur âme au diable pour s’enrichir sur le dos du peuple algérien, indigné et profondément choqué par ces dérapages, révolté par ces scandales, la société algérienne attend que cette gangrène soit éradiquée. Elle attend que ceux qui sont impliqués dans les affaires de corruption, de détourne- ment répondent de leurs actes. Au moment où certains grands hommes, en l’occurrence El commandante HUGO CHAVEZ, et au de-là de certaines réserves idéologiques quittent ce bas-monde en résistants dé- voués aux classes populaires les plus démunies, faisant de leur règne un combat contre la corruption, la rapine et la misère sociale, d’autres, chez nous le quitteront certainement pour rejoindre la poubelle de l’histoire.                                                                                        A.K.