Actualité nationale

Remarque sur l’intervention du ministre de l’éducation nationale/Mr Mahi TABET AOUL

DEBATJ’ai usé de beaucoup de patience pour aller jusqu’au bout de la vidéo de l’interview du Ministre de l’éducation, que je n’avais pas suivie en direct. Compte tenu de l’importance du sujet, j’ai décidé de donner mon point de vue sur cette interview et sur les fondements qui doivent régir l’éducation nationale. Il m’a été donné, à maintes reprises d’écrire sur l’éducation, la formation et la recherche  et leurs divers paliers. Certains d’entre vous ont eu surement l’occasion de parcourir mes séries sur Face book et Google sur le sujet.

Revenons au contenu de la vidéo. Il y a eu 2/3 du temps consacré au ministre et 1/3 aux questions réponses (Enfants-Ministres). On a vu se dérouler les éternelles questions du système éducatif algérien : Quel type d’école devons-nous avoir et quel sera son devenir, réforme ou refondation, le rôle des NTIC, la surcharge de beaucoup d’écoles, les cours particuliers qui font rage, les différences entre vieux et jeunes enseignants, l’école privée, la question des enseignants avec leur insuffisance quantitative et qualitative, les programmes trop lourds imposés, la double vacation,  la fermeture d’office d’écoles pour organiser les élections, la cantine, les transports……

Cette vidéo nous a plus rappelé ce que nous vivons tous les jours et que nous connaissons déjà. Ce qui me semble encore pire,  dans cette vidéo c’est de voir le Ministre tenter de trouver des réponses justificatives du contexte actuel (il va jusqu’à imputer certaines carences à l’héritage colonial, à la multitude des intervenants APC, Ministère de solidarité, Ministère des finances, Ministère de l’enseignement supérieur) et même le climat et la solitude du Sud.

Pour ma part, il serait malsain de me focaliser sur le Ministre car ce serait facile. L’école algérienne a d’abord besoin d’une stratégie au sommet basée sur l’adhésion du peuple.  Ne dites surtout pas parce qu’il est Tlemcénien comme moi. Il faut être objectif et avancer des arguments. L’Ecole ne concerne pas seulement un Ministre quel qu’il soit et quelle que soit sa compétence individuelle. Mais avant de parler des problèmes de fond, je vais juste prendre au moins une observation concernant les propos du ministre et donner mon point de vue sur un seul point celui des cours particuliers à l’école. Reprendre l’interview complète et l’analyser m’obligerait à faire une longue série comme celle que j’ai publiée sur Facebook sur la Recherche scientifique et la qualité de vie.

  1. 1.    Cas des cours particuliers : Point de vue du Ministre :

L’échantillonnage du niveau des élèves suit la loi de Gauss : la majorité des élèves se situant au milieu de la courbe (niveau moyen), une minorité à gauche (niveau insuffisant) et une minorité à droite (niveau bon). Alors le Ministre verrait bien à ce que les parents de la minorité gauche demandent au Maitre de donner des cours de rattrapage à leurs enfants. Le Ministre n’a pas osé traiter de scandaleux les maitres qui exigent de leurs élèves l’obligation de cours particuliers pour obtenir de bonnes notes.

  1. 2.    Cas des cours particuliers : Mon Point de vue :

Aujourd’hui, l’école primaire est sinistrée non pas par l’absence de bancs ou de Maîtres mais par une forme rampante de corruption que je qualifie d’indirect. Aux premiers bancs de la classe, on trouve les élèves dont les parents acceptent les cours particuliers pour leurs enfants. Aux seconds bancs, on trouve les enfants des parents, des amis et des connaissances. Aux bancs arrières, on trouve les enfants de la catégorie de déshérités et des laissez pour compte et dont les parents ne se soucient guère de leur situation. Ainsi et pour l’avenir du pays de nombreuses vocations risquent de mourir avant même de naître.

Quand je dis cela, je parle de situation vécue en général par tout un chacun qui s’intéresse à la question. Naturellement ce ne sont pas tous les Maîtres qui sont corrompus. Il y a même certains qui sont volontaires et se sentent concernés par le succès à tout prix de leurs élèves.

Pour le fond de la question du système éducatif, il faut avant d’aborder les questions techniques ou organisationnelles de l’école, définir une stratégie de l’école : Quelle école nous désirons construire ou refonder pour construire le futur citoyen de demain. Quelles valeurs lui donner pour lui permettre d’acquérir une personnalité et une autonomie de comportement. Dans la même vidéo, le directeur de la recherche éducative affirmait que l’avenir du pays n’est ni le pétrole, ni l’agriculture mais l’école.  Avant l’école, il y a le choix des valeurs. Hier le Ministre Français Peillon a décidé d’introduire la morale à l’école et affirmait : « LA MORALE FAIT LE PARI DE LA LIBERTE DU JUGEMENT DE CHACUN ». A ce sujet, je vais rappeler le point de vue de Feu Malek Bennabi sur l’école : « L’école, ce n’est pas seulement le lieu où il y a des bancs, des écritoires et un tableau sur lequel on écrit l’alphabet ou des équations : c’est le temple où une conscience reçoit la révélation des valeurs qui constituent le patrimoine humain »