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L’ASSOCIATION DES OULEMAS D’ALGERIE:LES BASES FONDAMENTALES DE LA DOCTRINE

assoc21. L’Islam est la religion de Dieu ; c’est l’émanation directe et réelle de Dieu qui l’a inspirée à Ses Envoyés et a chargé, après l’avoir perfectionnée, Son Prophète Mohammed (QSSSL), le dernier des Prophètes, de la transmettre à Ses créatures.

2. L’Islam est, par excellence, la religion de l’Humanité ; sans lui, celle-ci ne peut donc aspirer au bonheur, et ce pour les raisons suivantes :

– Il prêche, non seulement la fraternité musulmane entre tous les Musulmans, mais aussi, et un titre égal, la fraternité humaine pour tout le genre humain ;

– Il décrète l’égalité absolue au point de vue de la dignité humaine et des droits humains entre tous les hommes sans distinction de races, ni de couleurs ;

– Il impose comme règle absolue la justice entre tous les hommes, sans distinction d’aucune sorte ;

– Il prêche la bonté dans le sens le plus général du mot ;

– Il condamne l’iniquité dans ses formes les plus variées, en interdit la plus bénigne à tout individu, quel qu’il soit, à l’égard de qui que ce soit ;

– Il honore et glorifie la raison et recommande de baser tous les actes de la vie sur le raisonnement ;

– Il prescrit à ses propagateurs d’imposer sa doctrine par l’argument et la persuasion, non par la ruse et la contrainte ;

– Il laisse aux sectateurs de chaque religion la liberté et le soin de comprendre et d’appliquer les préceptes de leur Foi ;

– Il permet aux pauvres de participer à la fortune des riches par des moyens légaux tels que les contrats de commandite, de bail à comptant, de colonat partiaire, contrats dont les règles s’inspirent de la solidarité et de la collaboration loyale et profitable entre les prolétaires et les propriétaires terriens et les capitalistes ;

– Sa morale repose sur les points suivants : pitié pour les pauvres, aide aux incapables, instruction aux ignorants, bons conseils aux égarés, assistance aux nécessiteux, secours aux malheureux et aux opprimés, châtiment aux oppresseurs ;

– Il condamne l’asservissement de l’homme par l’homme ainsi que le despotisme sous toutes ses formes ;

– Il est essentiellement démocratique et n’admet point l’absolutisme même au profit de l’homme le plus juste.

3. Le Coran est le livre sacré de l’Islam.

 4. La Sounna (tradition) est l’ensemble des paroles et des actes attribués authentiquement au Prophète ; elle est le commentaire et l’explication exacte du Coran.

5. Les faits et gestes de «Essalaf -Essalih» (la Sainte Génération) : les Compagnons du Prophète, leurs disciples et les disciples de leurs disciples, sont l’application la plus conforme à l’esprit de l’Islam, des préceptes et principes de cette religion.

 6. Les interprétations des hommes appartenant à cette génération sont les plus sûres et les plus exactes interprétations des vérités islamiques telles qu’elles découlent du Livre Sacré et de la Sounna.

7. La «Bidaâ» est toute innovation en matière de culte et de pratiques religieuses ; c’est tout ce qui existe en cette matière de contraire aux actes du Prophète. Toute innovation de ce genre est une hérésie.

8. L’intérêt public trouve sa définition et son expression dans tout ce dont les humains ont besoin pour mener une vie digne et paisible, pour régler leurs affaires de toutes sortes et développer leur activité dans tous les domaines, le tout suivant les règles fixées par le Loi Divine.

9. La créature supérieure à toutes les créatures est le Prophète Mohammed (que Dieu lui accorde le Salut et répande sur Lui Ses Grâces !) parce que :

– Dieu L’a choisi pour transmettre la Loi la plus parfaite à toute l’Humanité ;

– Il avait atteint le suprême degré de la perfection humaine ;

– Il avait rempli sans défaillance la mission divine dont il était investi et il avait été un modèle idéal pour ceux qu’il appelait vers la nouvelle religion ;

 – Sa vie fut une lutte de tous les instants pour le bonheur de tout le genre humain. Il poussa à ce point le sacrifice dans ce noble but que lorsqu’il quitta ce monde, il laissa sa cuirasse en gage.

10. Après le Prophète (QSSSL), ceux qui ont droit à la plus haute considération sont les Musulmans appartenant à «Essalaf -Essalih» (la Sainte Génération), car ils ont suivi plus ponctuellement que tout autre Ses traces et Ses directives ;

11. Les croyants les plus dignes d’intérêt et de foi sont ceux qui croient le plus sincèrement en Dieu et qui le craignent réellement. Ceux-là sont les vrais amis de Dieu, les Saints authentiques. La part de tout croyant dans la grâce divine est donc proportionnée à son degré de crainte de Dieu.

12. Le monothéisme est la caractéristique essentielle de la religion islamique. Toute croyance, toute parole, tout acte empruntés directement ou indirectement, consciemment ou inconsciemment au Paganisme, doivent être énergiquement repoussés, impitoyablement rejetés.

13. Les bonnes actions inspirées par la croyance en un Dieu unique sont les seules qui plaident en faveur de leur auteur auprès du Créateur et les seules susceptibles de le rendre heureux dans la vie future. Rien, en dehors de ces bonnes actions, ne saurait préserver le méchant du châtiment qui lui est réservé.

14. Croire et admettre qu’une créature quelconque participe avec Dieu à l’exercice de l’un quelconque de ses attributs, c’est faire acte d’idolâtrie et commettre une hérésie. Tel est notamment le cas de ceux qui croient à l’existence d’un être surnaturel et invisible appelé «El Ghaouth» et d’un conseil des Saints connu sous le nom de «Diouane».

15. Les pratiques consistant à édifier des «koubbas» sur les tombes, à y allumer des cierges, à y immoler des bêtes dans une intention pieuse, implorent les morts dont ces tombes renferment les dépouilles, sont des pratiques païennes, comme celles qui étaient en usage à l’époque antéislamique. Elles constituent une véritable hérésie. L’homme ignorant qui se livre à pareille pratique doit être instruit de son erreur. L’homme instruit qui les tolère est un hérétique et un imposteur.

16. L’institution des confréries est une innovation (bidaâ). Elle n’existait pas aux premiers temps de l’Islam. Elle est d’ailleurs basée sur des principes antireligieux. Le sectarisme qui la caractérise se traduit par la soumission aveugle au marabout, à la famille du marabout, aux enfants du marabout, ce qui aboutit pratiquement à une exploitation éhontée, à l’asservissement total des esprits, à l’avilissement, à l’abrutissement et à tant d’autres maux.

17. Nous prêchons notre doctrine telle qu’elle est définie par le Coran et la Sounna, par le bonté et la persuasion, sans haine ni inimitié pour quiconque.

 18. Les ignorants et les crédules induits en erreur sont les dignes d’indulgence.

19. Les récalcitrants, les exploiteurs (de la religion) doivent être traités avec les plus grandes sévérités et la plus grande dureté.

20. Devant l’intérêt général de toute la Communauté, il faut oublier et reléguer au dernier plan toute controverse susceptible d’entretenir la discorde, de briser l’union et d’introduire les germes du mal. C’est un devoir impérieux pour tous de se solidariser et de se serrer les coudes jusqu’à ce que se dénoue la crise et s’écarte le danger. Pour atteindre ce beau résultat, avec la volonté de Dieu, il faut avoir pour force le droit, pour cuirasse la patience et pour armes le savoir, l’action et la sagesse. Abdelhamid BenBadis Constantine, 1935