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EGYPTE: UNE TRANSITION DANS LA DOULEUR/Nacer NADJI

 assoc2        HOSTILITE DE L’ENVIRONNEMENT REGIONAL
L’Égypte vit un moment historique .La première élection libre depuis trente ans, a permis d’élire un islamiste aux fonctions de Président. L’investiture du Docteur MOHAMED MORSY, membre de la Confrérie des « Frères Musulmans » n’a pas ravi tout le monde, L’état sioniste s’inquiète et les monarchies du Golf, rivales des Frères Musulmans, ont salué le choix des Egyptiens à demi  – teinte.

 

Seul l’Iran s’en est réjoui vraiment .Voila donc un Président élu de façon régulière dans le Monde arabe et qui a su magistralement gérer en sa faveur l’épreuve de force qui l’opposait à l’ancienne hiérarchie militaire, composée pour une grande partie d’entre elle d’anciens acteurs majeurs du règne Moubarak et même de celle d’avant. Il a toujours promis de ne jamais rien cacher au peuple et de demeurer le Président de tous les Égyptiens et particulièrement de ceux qui par leurs sacrifices et leurs combats ont rendu le changement possible.

 

                          LE PRESIDENT MORCY FACE

                           AUX LAICO-COMMUNISTES

                       

Après le bras de fer avec l’armée, le président entame un bras de fer avec la justice et démit de ses fonctions le procureur général afin de calmer la colère du peuple qui reproche au magistrat de continuer de soutenir l’ancien régime et d’avoir été à l’origine de l’insuffisance des preuves présentées par le Parquet lors du procès où comparaissaient des piliers du régime déchu. Les décisions du Président n’étaient pas toutes impopulaires.

Loin s’en faut. Quel révolutionnaire s’offusquera que soit rejugés les hauts gradés de la police et de l’armée et hâtivement acquittés ? Qui parmi les laïco-communistes et les libéraux pleurera le procureur général limogé et qui incarnait la soumission de la magistrature sous Moubarak. L’épreuve avec l’institution judiciaire et une partie de la corporation des magistrats qui voulaient  mettre leur nez un peu plus dans les affaires politiques ont sans aucun doute mis à rude épreuve l’endurance et l’aura du président.
Il faut avouer aussi, l’entêtement du Président à vouloir imposer un agenda politique et électoral et qui vise justement à prendre de vitesse ses adversaires. Et puis l’irruption soudaine de la crise, le dérapage et le sang qui coule de nouveau dans les rues du Caire .Certes les ingrédients d’une nouvelle explosion étaient déjà réunis. Une conjoncture économique extrêmement difficile, une classe ouvrière très fragilisée, un boom urbain incontrôlable…Mais, il serait également naïf de penser que tout n’est qu’événements fortuits.

 

Beaucoup, en Egypte et ailleurs n’attendaient que cette opportunité pour porter l’estocade au Président Morsy, aux Frères Musulmans et par la même à l’émergence du Monde musulman qu’il faut toujours maintenir dans les conflits internes, la dépendance et l’allégeance aux puissants de ce monde. Briser l’idée même d’une renaissance  et d’un retour probable du Califat. Pour cela une sous-traitance locale fut réactivée.

 

                        LA MAUVAISE  FOI  DE  L’OPPOSITION

 

Ainsi plusieurs Sièges des « Frères » ont été brûlés à travers le pays, ce qui sort du cadre des manifestations pacifiques.

D’autre part, les oppositions ou plutôt l’opposition devenue pour la circonstance, un Front de salut national, n’est pas sans porter la plus grande responsabilité dans l’impasse que vit l’Egypte actuellement. Sa mobilisation contre la déclaration constitutionnelle s’est transformée au fil des jours en une volonté de délégitimer un président élu. Ce front hétéroclite, se présenta comme étant anti-islamique et voulut mettre la cité en feu et en sang pour arriver à ses fins machiavéliques. Il  multiplia les déclarations, les unes plus saugrenues que les autres.

 

On entendait les leaders de ce front qui déclaraient « La constitution serai nulle et non avenue même si le oui l’emporte » « La démocratie ne veut pas dire le recours aux urnes » « Il faut interdire aux illettrés de voter ». Et tous ensemble, putschistes en costumes faisaient des clins – d’œil à l’armée pour intervenir et mettre fin à la gouvernance des islamistes.

C’était compter sans la vigilance et la clairvoyance des Frères Musulmans dont les élites ont été formées dans les meilleures universités Américaines. Confrérie extrêmement organisée qui a su auparavant, face aux épreuves de la répression et des aléas de la clandestinité, s’adapter à toutes les conjonctures politiques et a pu se relever malgré la répression sous Nasser, Sadate et Moubarak.

Ses chefs ont toujours préféré la discrétion et le pragmatisme à la précipitation. un président légitime, démocratiquement élu, sage et très au fait de la conduite des Affaires de son pays et des conjonctures internationales et déterminé de poursuivre le processus révolutionnaire qui n’a pas encore atteint ses limites.

                                                                                                         N.N.