Actualité nationale

REVISION CONSTITUTIONNELLE VOLONTE SINCERE OU RUSE POLITICIENNE ?

     assoc2                              REVISION CONSTITUTIONNELLE VOLONTE SINCERE  OU RUSE POLITICIENNE ?

Par : Nadir LARDJOUNE   

A titre de rappel, nous pensons qu’il est utile de procéder à un regard rétrospectif sur les quatre Constitutions de l’Algérie indépendante.

En 1963, la première Constitution a été adoptée, mais elle a été suspendue 13 jours seulement après sa promulgation. Comme on peut le constater, cette Constitution est peut être la plus courte au Monde.

En 1976, une deuxième est promulguée. Là également, une remarque mérite aussi d’être soulignée : l’Algérie n’avait pas à cette époque-là de Constitution durant treize années (de 1963 à1976).

LES «BAGARRAS»-DEPUTES

En 1989, une troisième est élaborée  sous la révolte populaire. Par la suite, quelque temps après, les acteurs politiques de l’opposition très déçus, soutenaient que cette «ouverture démocratique» (multipartisme) s’est avérée en fin de compte déloyale, utopique et trompeuse, par son saupoudrage de valeurs démocratiques perverties, passe-partout, de slogans clinquants, bref, une vraie démocratie… de façade.

En 1996, la quatrième Constitution a introduit le Bicaméralisme et la limitation des mandats présidentiels.

En 2008, une révision constitutionnelle eut lieu  en ayant toutefois comme objectif essentiel : la suppression de la limitation des mandats présidentiels (déverrouillage) et auxiliairement, l’imposition de quotas de représentativité des femmes dans les Assemblées élues, pour faire plaisir, peut être aux «pilotes» des grandes puissances.

L’Algérie indépendante a donc connu l’adoption de quatre Constitutions, neuf révisions constitutionnelles, cinq par référendum et quatre par une APN complaisante, c’est le moins que l’on puisse dire. Le sept avril 2013, le Président Bouteflika a désigné une Commission d’experts chargés de préparer un Projet de loi sur la révision de la Constitution.

Cependant, pour beaucoup d’initiés aux méandres de la scène politique algérienne,  en limitant l’élaboration des amendements constitutionnels à la seule Commission d’experts, le Président Bouteflika semble avoir dors et déjà exclu toute consultation politique, sous prétexte que des consultations ont déjà eu lieu dans le cadre de la Commission Bensallah, puis avec le Premier ministre, Abdelmalek Sellal.

UNE CONSTITUTION BRODEE SUR MESURE ?

Faute de débat national sur la prochaine Constitution, dans ces conditions, qui va proposer l’impérative séparation ainsi que les équilibres entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire ?

Dans la même optique, beaucoup d’observateurs neutres estiment à tort ou à raison que la Constitution ne doit pas être uniquement l’affaire de juristes, de constitutionalistes ou de Commission, et ce, pour des raisons de crédibilité et de consensus. Les changements à apporter ajoutent-ils, doivent être l’émanation des différentes tendances politiques représentant la Société, sans aucune exclusion.

DISCREDITS ET ACCOINTANCES DE L’OPPOSITION

Certains connaisseurs de la nature du Système politique algérien ; estiment qu’à court terme, l’opposition algérienne ne pourra pas arracher ses droits, encore moins imposer sa vision politique d’autant plus que ses dirigeants sont fortement discrédités par leur « course » vers les privilèges et leurs accointances (anciennes ou actuelles) avec le pouvoir et n’arrive pas jusqu’à présent à avoir dans ses rangs, des hommes crédibles, autrement dit, donc le ver est dans le fruit.

En effet,  beaucoup d’acteurs politiques de l’opposition acceptent d’enterrer et de souiller les valeurs et les principes de leurs propres partis politiques en soutenant sans vergogne un autre programme (au dépend des objectifs de leurs propres formations), pourvu qu’on leur garantisse l’accès au « mangeoire », pour brouter et de ruminer, moyennant leur  flagornerie, leur servitude bref, leur disponibilité à satisfaire et servir les maitres du moment.

Les Sages soutiennent que lorsque les lâches ne peuvent pas faire la guerre, ils  se convertissent en…mouchard.

Enfin, est-ce-que de nos jours, l’Algérie peut-elle trouver parmi ses Enfants un Homme d’Etat qui s’institue comme arbitre impartial entre ses ambitions et les droits de ses compatriotes ?

                                                                                                                                                           N.L.