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PROJETS « RISSALIAS » LES PROJETS NON LUCRATIFS/Ouzar. MOHAMED

PROJETSL’Association des Oulémas Musulmans Algériens a organisé le 27 Avril à Riadh El Feth une Journée d’Etude sur le thème des projets économiques à but non lucratif (machari’i rissalias).  Destinée   essentiellement à des hommes d’affaires et aux investisseurs, cette action  se voulait une action de sensibilisation et de vulgarisation sur le concept de projets économiques au service des besoins de la société.

L’événement a débuté  à 9H00. Après une allocution d’ouverture lue par le Vice-président de la section de Wilaya d’Alger de l’Association des Ouléma M. Rabah TISSIRA suivie d’une lecture de quelques versets du Coran, la parole fut donnée ensuite au président de l’Association le Pr. Abderazak Guessoum qui a  tenu à souligner l’importance et l’originalité de la thématique de cet événement avant  de s’adresser à l’assistance nombreuse avec conviction et force d’arguments sur la nécessité d’allier l’intelligence et les moyens. Se défendant de venir donner une leçon sur l’usage utile de l’argent, le discours de Cheikh Guessoum s’est inscrit en plein dans la problématique traitée par la Journée d’Etude.

La première intervention du programme, qui devait développer le concept de la thématique, était animée par Mohamed OUZAR, présenté comme un consultant activant dans le privé, celui-ci a placé d’emblée la  problématique des besoins  de la société comme un challenge commun et non pas individuel. La démarche doit s’inscrire dans le cadre d’une synergie entre l’intelligence, l’argent, le savoir-faire et la relation de confiance entre les différents acteurs réunis pour la réalisation de ces projets. Aujourd’hui, la réglementation permet à l’initiative privée une participation plus active au développement et la réalisation  de grands ouvrages qui participent à l’épanouissement de la société dans le cadre de ses valeurs identitaires.

La deuxième thématique développée par Lotfi Khemchene, cadre technique dans une institution publique et ancien professeur d’Histoire, a été consacrée aux actions de l’Association des Ouléma à l’époque de la colonisation qui étaient  conduites comme de véritables projets professionnels.  Énumérant ces actions dans les domaines aussi variés que l’Enseignement, la Presse, les Cercles culturels, la Publicité, les Relations avec le monde des affaires, les participants ont été agréablement surpris de découvrir que l’Association ambitionnait, à l’époque,  de créer une Université des Sciences islamiques à l’image de Zitouna et Al Azhar.

Après ce retour sur l’œuvre grandiose des Ouléma, c’était  autour de la Section de la commune de la Casabah de l’Association des Oulémas de présenter un projet actuel. Il s’agissait de l’initiative du camping familial à Tènès. Initialement débuté avec des perspectives modestes, le projet avait pris, au bout de six ans d’existence, sur le plan fonctionnel, un aspect  de plus en plus professionnel et digne d’une entreprise. Cette évolution a encouragé les initiateurs à soumissionner pour acquérir la concession du terrain pour une durée plus longue. Aujourd’hui que  la concession leur est adjugée, un plan des plus ambitieux a été bâti sur l’idée d’en faire un véritable complexe touristique avec comme l’objectif la réalisation d’un modèle de tourisme alternatif.

Après cette première partie. La séance fut levée et les invités étaient conviés à une collation. C’est une occasion pour beaucoup d’entre eux d’échanger des impressions sur les Conférences de la matinée mais surtout de faire connaissance et  d’échanger des cartes de visite.

Après cet entracte bénéfique et convivial, les travaux ont repris avec une dernière intervention sur l’expérience turque dans le domaine des projets économiques au service de la société. Mohamed OUZAR, intervenant encore une fois a tenu à souligner d’emblé que ce modèle a été choisi parce qu’il était une réalité et couvrait tous les domaines d’activité.

En effet, Le modèle turc développé autour  de l’action typique de l’Association « Nour » crée par feu Chiekh Said Nouresi et pilotée actuellement par Fethallah Gulen, a  bâti toute sa conception sur l’idée de « Khidma ». C’est-à-dire se mettre au service de la société. En mettant en œuvre des projets économiques viables et efficaces dans tous les domaines : l’Education, la Communication, l’Edition, le tourisme alternatif et la finance islamique, la Jamaa de Gulen s’est forgée une crédibilité et une réputation sans pareil dans la société turque. Grâce aux priorités et aux choix des projets qu’elle a concrétisés : des centaines d’écoles,  des dizaines de titres de Publications scientifiques et religieuses, des chaines de télévisions,… c’est un véritable empire aux services de la société qu’elle a bâti. Faisant preuve de pragmatisme et d’efficacité, cette Association ne laissa aucun domaine d’activité pour œuvrer dans l’intérêt du bien et de l’épanouissement de la société dans le cadre de ses valeurs ancestrales.

Après cette Conférence qui a suscité l’intérêt de l’assistance, un débat fut ouvert. Plusieurs intervenants ont tenu à souligner l’originalité de la thématique et appeler la Communauté des affaires à investir dans les projets économiques qui vont dans le sens de l’amélioration des capacités intellectuelles et éducatives de la société.

Cette Journée d’Etude qui a toutes les caractéristiques d’un événement réussi, s’est achevée sur la lecture de quelques recommandations. Les organisateurs ont tenu à rappeler le caractère pionnier de cette rencontre et promis de maintenir le contact avec l’ensemble des participants en soulignant qu’il ne s’agit là que d’un premier pas et que cette démarche est appelé à évoluer en fonction des retours qu’ils auront des hommes d’affaires intéressés.