Le mot du président

Le « printemps » de la défaite arabe /Dr. Abderrazak GUESSOUM

guessoum-abderrazak-ml-220x280Considéré dans la plupart des pays, du monde comme symbole du printemps avec sa verdure éclatante et ses couleurs éblouissantes, le mois de mai en Algérie, depuis le drame du 5 mai 1945 ne symbolise que souffrances caractérisées par les larmes et le sang.

Si tel est le climat du mois de mai en Algérie, il l’est également pour la Nation arabe, car une autre date de ce mois est elle aussi pleine d’amertume et de tristesse. Il s’agit du 15 mai 1948. Cette date marque le début de la tragédie de l’occupation de la Palestine par les forces sionistes, un mal soutenu par l’Occident.

Ainsi l’Histoire enregistra la défaite des armées arabes ouvrant la voie à une série d’autres défaites,notamment  celles de 1956, de 1967 et plus tard de 1973.

C’est en un jour semblable à celui du 05 juin 1967 que notre Nation arabe a subi des humiliations de l’armée sioniste qui réussira à cause de la trahison et du fatalisme  à occuper d’autres territoires arabes.

Nous sommes alors depuis cet évènement face à un reflux politique, militaire, économique et social imposant à nos masses toutes sortes de dictatures d’injustices et de répressions.

C’est dans cette obscurité que s’est produit le changement profond opéré dans la douleur par l’intervention des forces étrangères et qualifié de « Printemps arabe ».

Nul ne doute que les masses arabes désespérées par la corruption la trahison el la dictature ont vu malgré tout, en ce changement, une lueur d’espoir pour restituer au citoyen sa liberté enchaînée, son expression étouffée et son indépendance confisquée.

Les slogans brandis par les masse : « Dégage !» « Le peuple exige la chute du régime !.. » Sont autant d’exemples qui viennent conforter la thèse exprimant cette lassitude des peuples.

Aujourd’hui, à l’heure où se confrontent l’espoir du printemps arabe et le désespoir de la grande défaite arabe, le citoyen se trouve désorienté et totalement déboussolé d’une part, car il a trop souffert d’une politique du malheur et du défaitisme et, d’autre part, l’espoir escompté par ce « printemps arabe » laisse apparaître des effets négatifs.

En effet, en plus des sacrifices consentis pour le changement en vue de retrouver la stabilité et la prospérité tant souhaitées, ce citoyen est exposé à nouveau à toutes sortes de violences physiques et verbales, à des extrémismes politiques et religieux faisant couler le sang de victimes innocentes.

Voilà l’esprit de la défaite qui réapparaît de nouveau cet été et qui risque de l’emporter sur l’esprit du « printemps ».

Malgré tout, est-il permis d’abdiquer ?

Doit-on rester les bras croisés ?

Telles sont les questions posées aujourd’hui à la conscience des forces vives arabes {oulémas, intellectuels, patriotes de toutes tendances confondues). Il est alors temps de redonner au « printemps arabe » son véritable contenu, de lui permettre d’exaucer les vœux profonds des masses arabes, afin de les libérer des séquelles du défaitisme ; l’espoir est encore permis.