Actualité nationale

L’OPPORTUNISME POLITIQUE/Nacer NADJI

NADJILes hommes politiques algériens sont plus occupés à gérer le quotidien et à prendre des positions sans analyse et sans ouverture sur la société. Contrairement à ce qu’ils prétendent, l’intérêt du pays est généralement le cadet de leur souci.

 

La scène politique nationale connaît ces dernières années des changements à la tête d’un certain nombre de Partis politiques algériens, mais aussi des scissions, des redressements et des dissidences,  phénomène qui pollue la vie politique nationale et qui contribue à l’approfondissement de la méfiance, du dégout et du rejet total du citoyen de la pratique politique et des politiciens. Des sondages affirment que seulement 2% des Algériens adhérent dans des partis et la majorité des sondés affirment qu’ils n’ont confiance ni aux Partis politiques, ni aux élus.

 

                      SANS PRINCIPES ET ASSOIFFES DE PRIVILEGES

 

Les Partis vivent en décalage par rapport à la population et n’expriment pas ses aspirations. La politique pour eux, est devenue un champ de bataille où la morale n’a que peu de place. Les vertus comme la modestie, l’altruisme, le désintéressement et l’oubli de soi n’ont plus droit de cité. Les complots, les coups bas les trahisons et les dissidences sont le lot quotidien de la vie des politiciens. Les débats autour des projets politiques sont inexistants. Le débat intellectuel, s’il existe bien sur, au sein de ses partis n’a aucun lien avec la réalité. Les hommes politiques algériens sont plus occupés à gérer le quotidien et à prendre des positions sans analyse et sans ouverture sur la société.

Contrairement à ce qu’ils prétendent, l’intérêt du pays est généralement le cadet de leur souci. Leur amour et leur utilité aux Algériens, leur patriotisme et leur dévouement à la collectivité ne sont que des balivernes pour la majorité des citoyens. Faire de la politique en Algérie signifie : Promotion sociale, règlement de problèmes personnels, se rapprocher du pouvoir central et de la rente.

Certains sont porteurs d’un égo insatiable  et claquent la porte de leur parti dés qu’ils risquent de perdre les privilèges du pouvoir. Amar Ghoul ministre des travaux publics a tout fait pour rester au gouvernement. Quitte à rompre avec sa famille politique d’origine le MSP. Il créa un nouveau parti baptisé TAJ réunissant tout les sans conviction. Autant dire aucun programme, son nom restera lié à l’Autoroute Est-Ouest qui aura couté trois fois son prix initiale.

 

Khalida Toumi vice-présidente du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie et militante féministe se voit confier le ministère de la Communication et de la Culture en 2002, puis ministre de la Culture depuis avril 2004 à ce jour, laissant au placard son militantisme pour les libertés démocratiques, culturelles et linguistiques ainsi que sa lutte contre le Code de la Famille.

Elle est sujette, ces derniers temps à une campagne de critiques de certains prédicateurs et Oulémas pour des propos jugés blasphématoires. Dans une interview  accordée à une journaliste française en 1995, elle avait défini « la prière comme étant une humiliation à la dignité de l’être humain et au Musulman qui se prosterne et met la tête au sol et qu’elle priait à sa propre manière tout en estimant qu’il est préférable que l’argent consacré pour le pèlerinage soit plutôt réservé pour la construction des salles de théâtre et des salles de cinéma.

 

 

.                                     LES PRIVILEGES MOYENNANT

                                    COMPLICITE ET SERVITUDE


Noureddine Boukrouh, fondateur du Parti du Renouveau Algérien. Lahbib Adami, qui doit son accession sur le devant de la scène politique à un putsch sur Abdellah Djaballah, Amara Benyounes, Djamel Benabdeslem (Ancien de l’Islah), Mohamed Benhamou (Ancien FNA) et la liste est longue se sont placés dans l’antichambre du pouvoir pour bénéficier de portefeuilles ministériels.

Mais est ce que le fait qu’un chef de parti ou un dissident fasse partie d’un gouvernement veut forcément dire qu’il approuve la politique du pouvoir en place ? Oui un portefeuille ministériel est une fonction éminemment politique et qu’une entrée au gouvernement est en principe négociée sur la base d’un programme politique globale ,même si en Algérie, tout le monde sait que ces négociations se concentrent en fait surtout sur la distribution des privilèges liés au partage de postes de responsabilité (Ministre, ambassadeur …)  et l’application du programme du Président. Programme qui aurait fait pâlir d’envie Jules César et Napoléon Bonaparte.

Ces Chefs de Partis étaient donc consentants et solidaires d’une telle politique du simple fait de leur présence pendant des années au gouvernement. Qu’ils osent après ça venir « théoriser » dans les médias sur le despotisme arabe, la révolte des jeunesses tunisiennes et égyptiennes et veulent passer pour des champions de la démocratie et de la liberté. Difficile de les compter ces Partis « use-and-throw ».

                                                                                                                                          N.N.