Le mot du président

J.M N°10/L’EGYPTE A LA CROISEE DES CHEMINS/Pr. Dr. Abderrazak GUESSOUM

guessoum-abderrazak-ml-220x280Dans la politique comme dans la religion, il ya des péchés capitaux qui constituent ce qu’on peut considérer comme fautes répréhensibles et condamnables.

Si les péchés capitaux au sens religieux recouvrent la condamnation, il va de même pour les mêmes péchés au sens politique du terme qui sont réfutables pour tous les hommes sages et nobles dans le monde.

Ceci s’explique à l’épreuve que traverse l’Egypte pays frère face aux multiples défis. Ainsi, l’armée égyptienne qui se trouve au milieu de la crise et qui est sensée protéger la population de tout danger, se trouve malheureusement impliquée dans un répugnant coup d’Etat déstabilisant la légitimité chèrement acquise en destituant le Président démocratiquement élu, en gelant la Constitution et en procédant à l’arrestation des dirigeants des Frères musulmans (Parti de la majorité).

C’est dans cette atmosphère tendue que le peuple égyptien frère se trouve divisé en deux clans opposés idéologiquement :

Celui défendant la légitimité du Président Mohamed Morsi déchu et celui de la laïcité, idéologie totalement étrangère aux aspirations du peuple égyptien.

Peut-on alors imaginer une force vive de la nation représentée par l’armée égyptienne considérée jusqu’à ce jour comme étant issue des couches sociales les plus pieuses de la nation, peut-elle réprimer des manifestants pacifiques dont le seul tort est de défendre la démocratie ?

Et quel est le motif avancé par le général Sissi en acceptant de mener cette sale besogne contre son peuple ?

Nous estimons quant à nous, qu’il n’ya aucune excuse valable pour justifier un tel comportement, surtout  que celui-ci prétend agir suite aux revendications populaires affichées le 30 juin 2013.

Nous sommes donc en face d’une allégation non fondée qui est à l’origine du drame que vit le peuple égyptien frère. C’est pourquoi nous considérons que le coup d’Etat exécuté par le général  Sissi doit être considéré politiquement et religieusement comme un péché capital.

Ceci peut s’expliquer facilement par les raisons suivantes :

1. L’échec imputé au Président Morsi après un an seulement de pouvoir ne peut être fiable ni recevable, étant donné qu’une simple année dans la vie du peuple (ou d’une nation) n’est pas un délai suffisant pour juger une autorité d’un Chef d’Etat, sinon, si on suit cette absurde logique, il faut faire un coup d’Etat annuel dans chaque pays arabe notamment.

2. Si toute manifestation populaire revendiquant un tel ou tel changement ou telle ou telle faute mérite  une réaction favorable des autorités militaires du pays, quel serait alors la position à adopter à l’égard des manifestants de la Place  Rabéa Al-Adawi qui rassemble des centaines de milliers depuis plus d’un mois ?

A la lumière de ce qui précède, quel serait alors le remède le mieux approprié à cette crise égyptienne ?

Faut-il abdiquer ?

Faut-il accepter le fait accompli en admettant le triomphe du mal contre le bien ?

Nous estimons que compte tenu du facteur caractérisant le drame égyptien, le salut ne peut être que sur le fondement de deux éléments :

1. Rétablir le Président Morsi dans son Palais présidentiel avec toutes ses prérogatives.

2. Procéder à la formation d’un gouvernement d’union nationale capable de mobiliser les forces vives de la nation, toutes tendances confondues seules habilitées à relancer le processus du développement national en défendant comme devise :

« Dieu pardonne toute transgression ».

                                          Pr. Dr. Abderrazak  GUESSOUM

(*) Président de l’Association

des Oulémas musulmans algériens